Rude Boy Train

LINTON (Two Tone Club/The Immigrants) : L’interview !

Vous vous demandez ce que devient TWO TONE CLUB, si la vie est plus cool à Londres qu’à Tulle et si THE IMMIGRANTS est un groupe plus fun que les BB Brunes ? On vous donne des réponses grâce à LINTON, chanteur bien connu des skankers de France et d’ailleurs installé dans la capitale Anglaise depuis un bon moment…

RUDE BOY TRAIN : Salut Linton, merci de répondre aux questions de Rude Boy Train.

LINTON : Aucun souci, c’est un plaisir !

RBT : Donc j’ai appris que tu étais installé à Londres depuis pas mal de temps maintenant… T’es parti là-bas pour choper des bonnes vibrations ?

LINTON : En effet, ça fera quatre ans au mois d’octobre que je suis exilé. Concours de circonstance, envie et besoin latent de bouger, et deux possibilités qui s’offraient à moi : Londres ou Berlin. J’ai choisi de faire comme le grand Charles, et surtout comme tu le dis, de retourner aux sources du two-tone, du punk et de 70% de la musique qui me fait vibrer. Et également parce que mon deutsch n’est pas vraiment au top !

RBT : Et du coup comment tu gères avec Two Tone Club ? Tu reviens de temps en temps pour les répets’?

LINTON : Two Tone Club, depuis « Now is the time »,  la centaine de dates qui ont suivi, le départ de Mista White, puis plus récemment de Brown, ont fait qu’il nous semblait indispensable à tous de prendre un peu de recul, de se faire plaisir autrement que par le groupe, et de se retrouver pour être au maximum efficient. C’est ce qui se passe actuellement… On a placé une repèt’ par mois en gros, et je rentre, je débarque avec du duty-free, et on s’enferme deux jours pour se raconter des vannes, rire et surtout reconstruire… Ce qui n’est pas évident je dois dire.

RBT : Une répet’ par mois c’est quand même pas mal pour un gars qui habite à Londres… Tu reviens souvent quoi…

LINTON : Une fois par mois, ça revient vite en effet, mais le weekend passe à 100 à l’heure, et souvent je n’ai même pas le temps de voir la famille et les potes hors du groupe…

RBT : Moi je vous avais vus début 2012 à Chaligny, et les dernières nouvelles que j’avais c’était le live que vous deviez enregistrer au Moloco. Mais je crois que c’est tombé à l’eau nan ?

LINTON : Oui en effet, on avait ce projet, et le départ prématuré de Brown a fait que le plan est tombé à l’eau … Partie remise j’espère…

RBT : Le concert a quand même été enregistré ?

LINTON : Non il n’y a pas eu de concert, tout a été annulé. Donc pour l’instant on ne se met aucune pression, et on avance avec ceux qui le désirent.

RBT : Ok. Et vous avez récupéré le bassiste de 65 Mines Street c’est ça ?

LINTON : Oui, 65 est un groupe qui reste très proche de Two Tone Club. Yann et Fred nous dépannent et nous permettent de répéter, ils se donnent à 100% nous apportent énormément. Je suis fan de la première heure de 65, quand ils habitaient d’ailleurs au 65, rue des mines !

RBT : Du coup, là tu dis que vous travaillez sans pression… Ça veut dire qu’il n’y a pas pour l’instant de projet de nouvel album ou alors vous avez des nouveaux titres sur le feu ?

LINTON : Non, je dis que l’objectif reste le même, créer, repartir sur les routes et sortir un putain d’album, mais sans se donner de deadline ! On a des tonnes de morceaux que l’on trie, que l’on réarrange et qui seront sur un album… Bientôt ou pas. Mais perso c’est un de mes souhaits les plus chers, sortir un quatrième album qui enfonce le clou, et bien ! Après on prend notre temps et on veut se faire plaisir, pas se stresser à sortir 14 titres… On accouchera dans la douleur… Mais avec grand plaisir…

RBT : Ok… Je pense que le public est effectivement en attente d’un nouvel opus, parce que mine de rien, vous faites figure de « chefs de file » du ska français depuis quelques années… Ils sont pas si nombreux les groupes d’ici à tourner un peu partout en Europe quoi… Et puis bon en live, pour vous avoir vus vers le début, y a eu d’énormes progrès…

LINTON : J’espère ! Since 1999 ! Ça fait quelques années maintenant, et pour certains l’histoire a commencé bien avant…

RBT : Gangsters All Star ! Laiterie 1995 avec Laurel Aitken !

LINTON : Ça fait un peu fin de vie tout ça. C’était énorme oui ! J’avais pas le bras dans le plâtre ce soir-là ?

RBT : Je crois pas… J’me souviens des costumes…  Et vous aviez joué « You’re Wondering Now »…

LINTON : Bonne mémoire ! Je me souviens surtout que l’on avait énormément d’énergie, même si on n’était pas trop en place !

RBT : Ouais ça l’avait bien fait quand même…

LINTON : On a eu la chance de croiser énormément de ténors de cette musique, et je kiffe toujours comme un gamin. Dans cinq jours je vais revoir les Specials et je suis comme un fou !

RBT : Oui j’ai chopé les Specials y a deux ans à l’Olympia et c’était grandiose… Et du coup comme t’es sur Londres, t’as pas prévu de faire monter Two Tone Club pour jouer dans le coin ?

LINTON : Ben puisqu’on en parle, nous aurions le projet de monter à London pour enregistrer l’album et faire deux plans par la même occasion. Maintenant que je sais un peu mieux comment ça se passe et que j’ai plus de contacts, ça sera plus facile de jouer à Londres. C’est toujours plus facile quand tu es sur place. Il y a des tonnes d’endroits où jouer à Londres. Après c’est pas le rêve américain, mais ça envoie du gros son et les types son vraiment super pros.

RBT : Deux plans, tu veux dire enregistrement et concerts ?

LINTON : Oui, si on se prend dix jours pour enregistrer, on peut par dessus greffer deux ou trois dates.

RBT : Et t’as qu’à demander à Jerry Dammers ou à Terry Hall de produire le disque … On peut rêver…

LINTON : Hihi, je leur en parlerai la semaine prochaine…

RBT : Ouais enfin tu verras pas Dammers normalement…

LINTON : Non pas Dammers.  En tout cas pas avec Terry hall dans le coin. Mais sérieusement, Jerry Dammers est un type extrêmement abordable, il fait vraiment tous les plans du monde… Terry Hall est un peu plus « perché »… Mais j’ai d’autres idées en tête ! En revanche si on peut se faire deux ou trois featurings de Londoners, ça serait cool. J’en dis pas plus, ça va nous porter la poisse…

RBT : Dac, on touche du bois alors. Et c’est comment la scène de Londres, les concerts, les soirées tout ça ?

LINTON : Les deux premières années, j’ai fait tous les petits et gros concerts que je trouvais.  J’habitais il y a encore quelques mois du côté de Camden, et j’ai bossé pendant quelques mois à l’Underworld, un pub à Camden qui a une salle en sous-sol. Des tonnes de soirées gratos ou pas chères, avec des groupes qui en valait la peine et d’autres un peu moins. Après, deux fois The Specials au Royal Albert Hall, Madness à l’O2, Slackers, Aggrolites, Hepcat ici et là, et dernièrement Cock Sparrer à deux pas de chez moi avec mon pote Chef. Côté soirées, on squattait beaucoup un pub, The Elephant’s Head, que je t’aurais recommandé mais qui est envahi de fafs Italiens depuis peu ! (la crise). Et j’ai des potes qui organisent régulièrement des soirées ska, northern-soul, reggae… Après ça coute un blé fou en Guiness et autre Ale !

RBT : Oui l’Elephant’s Head j’y suis allé en 2010. Un gros skin bien sapé faisait le DJ le dimanche soir… C’était cool… Dommage pour les gros cons de fafs… Mais ce soir-là ça allait…

LINTON : Oui, dommage que l’ancien boss nous ait quittés, dommage que le videur se tatoue des croix celtiques, et dommage que les skins anglais ne soit pas les skins de San Pauli !

RBT : Ah oui bonjour l’ambiance… Mais dans les concerts ska ça va, c’est pas trop tendu ?

LINTON : Non, ce genre de type ne se montre pas dans les soirées ska, ou early reggae…

RBT : Ça m’amène à The Immigrants. Ça s’est monté quand cette affaire ? C’est avec des gars des Delegators et un Hardisskaunt je crois…

LINTON : Pour l’histoire, je suis tombé par hasard en sortant du métro sur un type qui me demande si je n’étais pas le chanteur de Two Tone Club (étonnant et non en même temps, ça m’était arrivé plusieurs fois déjà. Célèbre même in the UK !). Donc le type en question, Davide, bassiste de Hardisskaunt (groupe de ska Italien), qui habitait à 300 mètres de chez moi à Kentish Town et avec qui on avait partagé l’affiche sur deux dates en Allemagne. Pour faire court on s’est vu, revu, on a bu des bières et fait des soirées, et il m’a parlé de son envie de former un groupe. Il avait un pote qui jouait du clavier, et était en contact avec un sax des Delegators. J’avais aussi croisé Tristan de Guarapita à deux reprises lors de concerts, et c’est tout naturellement qu’il a pris la place de batteur. Sachant qu’il bosse dans le son et qu’il est extrêmement occupé, il n’a pas pu assurer et a préféré stopper l’aventure. Arthur des Delegator a pris le relais, et voilà : We are The Immigrants from London City !

RBT : Yeah ! Vous êtes surtout branchés skinhead reggae ? Beaucoup de reprises ?

LINTON : C’est avant tout pour se faire plaisir, et jouer à Londres.  Donc comme on ne se connaissait pas musicalement, on s’est envoyé un set de reprises. Mais depuis peu ça compose. Davide, Leon (gratteux), Arthur et moi, avons commencé a écrire des trucs ska, early reggae, soul, et on a déjà des propositions pour jouer en Belgique, et si ça avance bien et que l’on balance des originaux, je pense que l’on se fera quelques sorties en Europe aussi. On a la chance d’être crédibles du fait que l’on a tous déjà un passif pas trop dégueu…

RBT : En tout cas on espère voir The Immigrants en France tantôt… Pas d’enregistrement prévu pour l’instant, même un EP ?

LINTON : On a répété hier soir, on se revoit la semaine prochaine pour avancer sur les compos, et on joue fin du mois chez Gaz Mayall des Trojans, et sans doute au Carnaval Jamaïcain à la fin août. Donc tout va assez vite et si on arrive à mettre un peu de thunes de côté on se fera un petit EP pour commencer ouais…

RBT : Ah ouais Gaz Mayall il a un club ouais… Le Gaz’s Rockin Blues ou un truc comme ça ? Ça doit être bien fun chez lui…

LINTON : Il est bien à l’ouest en effet, mais il fait des soirées tous les jeudis, et il y a moyen de jouer pour quelques pounds. Ça reste un nom incontournable, et un bon cinglé comme j’aime.

RBT : Je l’avais vu à la Laiterie aussi… Bien allumé en fin de soirée le gars… Bon c’est le fils d’une légende alors il peut se permettre… Et pour conclure, t’as une découverte londonienne à nous faire partager ?

LINTON : Tu me prends un peu de court … The Immigrants ! Plus sérieusement, je n’écoute que du vieux ! Et je ne retiens que très rarement les noms des groupes, ou peut-être qu’aucun ne m’a réellement bluffé. Non j’attends avec impatience Suedehead en Europe, et je peux te conseiller de venir écouter du bon son chez Madame JoJo’s à Soho les vendredis et samedis soir, passer à Crazy Beat Records t’acheter des disques et profiter de toutes les bonnes choses Londoniennes (sauf le soleil… quoique !)

RBT : Suedehead quand ils veulent ils sortent un album quoi…

LINTON : Hé ouais j’aimerais aussi !

RBT : En tout cas merci pour les conseils, je saurais où aller la prochaine fois que je mettrais les pieds à Londres… Longue vie à Two Tone Club et à The Immigrants. On espère vous voir chez nous. Bonne continuation à toi !

LINTON : Merci Vince. Au plaisir de se voir ici et ailleurs.  A bientôt !

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