Rude Boy Train

KING PEPE & HIS CALYPSO COMBO – Tropical Invasion – Jump Up Records

UN PEU D’HISTOIRE : Au départ, il y a Fabrice Uriac, alias KING PEPE, un musicien autodidacte amateur de son vintage accro au calypso et au mento, genres qu’il va mettre à l’honneur avec la complicité de Bruno Blum en éditant cinq compilations. double cd chez Frémeaux et Associés.

Il joue dans son coin avec son banjo et son ukulélé, et il est rejoint par David à la contrebasse et Aurélia au sax et à la flûte. Sous le nom de KING PEPE & HIS CALYPSO COMBO, ils enregistrent un EP six titres autoproduit qui sort fin 2010, et ils embrayent un mois plus tard avec un 45 tours édité par Jewels.

Le combo est alors complété par Anthony et Bernardino, percussionnistes de leur état, par Edilberto à la guitare, Alex au sax (Aurélia ayant quitté l’aventure) et Romain à la trompette.

Ils enregistrent un premier album, « Tropical Invasion », sous la houlette de Romain Dallaine (Jim Murple Memorial) dans son studio de Montreuil, et le disque sort en vinyle « 10 »début juin sur le label américain Jump Up Records (dans la collection « The Calypso Series » avec Lord Mike’s Dirty Calypsonians, Lord Mouse & The Calypso Katz et Count Kutu & The Balmers), accompagné d’une édition Cd (et mp3) augmentée de deux titres, distribuée chez les bons disquaires par Musicast. Le vinyle douze titres devait voir le jour à la rentrée 2013.

LE DISQUE : Ahhhhh, ça plaisir d’entendre un peu de son qui change. Parce qu’il y a certes Lord Mike’s Dirty Calypsonians aux USA, Lord Mouse & The Calypso Katz en Allemagne, Count Kutu & The Balmers aux Philippines ou même les papys de The Jolly Boys en Jamaïque, mais à part ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent (à l’exception des oldies évidemment), même si depuis quelque temps dans l’Hexagone, en plus de King Pépe & His Calypso Combo, Uncle joe pointe le bout de son nez du côté de Toulouse et les Mento Men du côté de l’Aveyron. Avant ça le calypso (et le mento, genre cousin) en France, ça se résumait à peu près à Karl Zéro, point barre…

King Pépe, Lord Gardener (Anthony) et Chido (David), la base solide du Combo, ont soigné la production de ce premier album, c’est le moins qu’on puisse dire : Sortie vinyle 10 pouces à l’ancienne chez Jump Up Records (qu’on pourra retrouver un peu partout dans le monde), sortie cd, possibilité de télécharger tout ça en mp3, dossier de presse aux petits oignons, pochette impeccable et distribution nationale avec Musicast… Voilà un projet qui ne manque pas d’ambition ! Et même que tout cela a été enregistré à l’ancienne, sur des vieux magnétos du studio du Jim Murple Memorial. Vintage, à l’ancienne ou rétro, choisissez l’expression que vous voulez, toujours est-il que King Pépe & His Calypso combo a voulu conserver l’essence même des deux genres qu’il affectionne tout particulièrement, calypso et mento.

Au départ, on est un peu surpris par le son, tant on est habitué à la raideur (la froideur diront certains) des enregistrements numériques d’aujourd’hui. Et dès l’entame avec « Come To Nassau », on se retrouve plongé dans une ambiance 60’s, sur un banc devant d’un hôtel à la peinture défraichie d’une petite ville des Bahamas, face à une plage de sable fin. C’est rond c’est chaud, on se croirait revenu au temps de la jeunesse d’Harry Belafonte, ou lorsque Lord Creator et Mighty Sparrow se tiraient la bourre pour savoir lequel des deux règnerait sur son île en boss incontesté du calypso.

Et tout le disque est à l’avenant, réussi du début jusqu’à la fin, en bande-originale parfaite de « James Bond contre Dr No », qui de « Love is Strange » à « Calypso Confidence » invite à la danse jusqu’au bout de la nuit. On apprécie le claquement des percus, la ponctuation des cuivres, l’élégance du chant qui semble venu d’une autre époque, et on se prend à rêver de Cuba, de Trinidad, de la Barbade, d’Antigua, et bien sûr des Bahamas et de la Jamaïque.

« Tropical Invasion » vous l’avez compris, c’est du soleil à foison et de la bonne humeur en pagaille, et pourtant, le groupe n’en oublie pas pour autant la mélancolie (« One Bottle, Twenty Tears »), parce qu’entre le rhum, les filles et les cocotiers, il y a aussi parfois des amours déçus.

On tient là à n’en pas douter un album de haute volée et un groupe bien comme on aime, qu’on va suivre  avec un plaisir non dissimulé pendant les années qui viennent. King Pépe & His Calypso combo, ou comment faire le tour des Caraïbes depuis son salon grâce à un vinyle old school.

Vince

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