Rude Boy Train

The Kinky Coo Coo’s – Sweet, Fun & Ready – Liquidator Music

Sweet, Fun & Ready cover artUN PEU D’HISTOIRE : THE KINKY COO COO’S  s’est formé à Barcelone au début des années 2000, et a pas mal bourlingué depuis, comme backing-band des meilleurs, de Laurel Aitken à Roy Ellis, en passant par Dave Barker, Greg Lee/Alex Desert (le duo vocal d’Hepcat), ou comme groupe à part entière. Un premier album avec le chanteur espagnol Lord Kaya, entièrement composé de reprises (« Co Tonga Tonga ») sort en 2003, suivi par « Montjuic Boneyard » en 2006, tous deux sur le même label à la pointe du son jamaïcain made in Europe, Liquidator Music.

En 2011, le groupe sort un 45 tours avec Greg Lee et Alex Desert (« Tons Of Fun »), et c’est à l’été 2013 que The Kinky Coo Coo’s sort son troisième album, « Sweet, Fun & Ready », avant une escale au Rototom Sunsplash de Benicàssim, grand raout reggae/rocksteady/ska espagnol où ils croisent U Roy, Smooth Beans, Roy Ellis, The Transilvanians ou Akatz…

LE DISQUE : The Kinky Coo Coo’s est en 2013 l’un des groupes importants de la scène espagnole pourtant pas avare en belles formations. Souvent rocksteady, fréquemment ska et parfois reggae, le combo barcelonais revient en 2013, toujours avec ses deux frontgirls, Leire et Gemma. Et le résultat, une fois de plus, est pour le moins joyeux, comme si climat ibère avait une influence directe sur le moral des musiciens, et donc sur leurs compositions.

Au rayon ska ensoleillé, « Hunch Beat » se pose là, en parangon de chanson sweet, fun & ready, et « Quick Wink », qu’on croirait presque échappée d’un album d’Hepcat, ne manque ni de style, ni de pêche, ni d’allant, et permet d’envoyer une bonne dose d’énergie aux milieu d’une set-list qui aime aussi les ambiances plus feutrées, plus calmes, plus rocksteady, sans non plus aller réellement du côté d’un ska-jazz très lounge tel que l’affectionnent  leurs compatriotes de The Oldians (à part peut-être sur « Sweet Aretha », d’excellente facture, qui contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, n’est pas un morceau soul).

Les voix de velours de Leire et Gemma évidemment, restent l’un des points forts des chansons des Kinky Coo Coo’s, et sur « Hokusai Girl » par exemple, soutenues çà et là par un solo de guitare ou par un sifflement de clavier de haute volée, elles nous permettent de prendre un sacré panard, et si elles ne réussissent pas à rivaliser avec la finesse du trio Lee/Desert/Berry, elles s’efforcent au moins de s’en approcher.

Et c’est bien entendu lors des plans les plus rocksteady, les plus langoureux, que les deux chanteuses font le plus de merveilles : L’excellente « Good Vibez » où leur complémentarité est évidente d’abord, « Hand Baggage » ensuite, qui rappelle à notre souvenir les débuts des Pepper Pots (avant qu’elles ne deviennent un groupe de soul presque comme les autres), « Jack Tar In Dry Land » enfin, avec des choubidoubidou et de swap doo wap doo wap comme sur une veille production sixties de Phil Spector.

On adore aussi bien sûr l’imparable « World Is So Divine », d’une classe supérieure qu’on aimerait apprécier en live, « Won’t Letcha Down » et son clavier virevoltant, et la soulissime quoiqu’early reggae « Quiny Boy ».

On pourra toujours dire qu’il manque à The Kinky Coo Coo’s le petit plus, le petit supplément d’âme, le son personnel susceptible de lui forger une identité propre, plus nette, plus marquée, et qui lui permettrait d’émerger un peu au-dessus de la canopée des formations espagnoles pléthoriques, et souvent d’excellente qualité. C’est juste, comme il est juste aussi de constater, et c’est ce qu’on vous demandera de retenir, que ce troisième album se laisse écouter avec grand plaisir du début jusqu’à la fin. Y a pas de raison que vous passiez à côté…

Vince

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