Rude Boy Train

Roy & Yvonne – Moving On – Liquidator Music

Moving On cover artUN PEU D’HISTOIRE: Depuis la compilation sortie fin 2012 sur Liquidator Music qui en avait ravis plus d’un, ROY PANTON ET YVONNE HARRISON n’ont pas chômé, conscients qu’il fallait battre le fer pendant qu’il était chaud. Ils ont joué à droite à gauche, aux USA avec The Shifters, au Mexique avec des musiciens de Melodycans, de Brixton Souns ou de Jamaica 69, et en Espagne avec The Upsttemians ou avec Bandits.

En juin 2013, le duo enregistrait un 45 tours avec The Shifters, le groupe de Washington DC, et à la fin de l’année, on apprenait la sortie prochaine d’un nouvel album avec de nouveaux titres, « Moving On », sur lequel Roy et Yvonne sont backés par le Teddy Garcia’s Musical Combo, autre façon de dire « The Shifters » puisque Teddy Garcia est l’un des membres de cette formation.

Le disque composé de dix morceaux,(dont ceux du récent 45 tours), est sorti en janvier 2014 sur Liquidator Music, évidemment.

LE DISQUE: Ils ont l’air sympas Roy & Yvonne avec leurs chapeaux et leur élégance un peu surannée. Et en plus d’avoir l’air sympas, Roy eyt Yvone font du bon ska, du bon rocksteady comme dans les années 60, avec un son moderne puisqu’ils sont accompagnés par des jeunes, mais sur « Moving On », c’est bien l’esprit de Byron Lee & The Dragonaires, d’Eric « Monty » Morris ou de Millie Small que l’on retrouve pour notre plus grand plaisir.

Je parlais au-dessus de nouveaux titres pour ce nouvel album, et c’est bien « nouveaux titres » qu’il faut lire et pas seulement « compositions », puisque dès la seconde piste, Yvonne Harrison interprète, seule (enfin avec les Shifters quoi), une reprise d’un immense standard du jazz immortalisé par Nina Simone, « My Baby (Just Cares For Me »), avec classe évidemment, et un peu plus loin, elle se paye avec la même habileté une autre vieillerie enregistrée en 78 tours (c’est dire si c’est vieux), « My Jealous Eyes » de Patti Page, un truc un peu mambo un peu jazzy, mais qui supporte vraiment bien un réinterprétation par tante Yvonne.

On se rend d’ailleurs compte que ce disque est essentiellement composé de reprises, mais de reprises franchement obscures (à part celle de Nina Simone bien sûr), comme par exemple « I’m In Love With A Girl », empruntée à Jesse Belvin, un chanteur de rhythm’n’blues mort à 27 ans dans un accident de voiture (encore un), que Roy Panton réinterprète ici façon rocksteady chaloupé avec style, très bien servi il est vrai par Teddy Garcia et ses hommes de mains, particulièrement habiles dans la finesse, dans la souplesse et dans les délicatesse. Même sanction pour la très dansante (et très ska) « Surely I Love You » de Rosco Gordon, qui a ici gardé ses racines bluesy et qui semble juste parfaite pour entrer dans la danse. Et puis bien sûr, les duettistes d’y aller de leur cover soul de Jerry Butler, dont ils reprennent le « I Dig You Baby », peut-être pas LE morceaux de l’album, puisqu’on lui préférera probablement un autre titre soul, « You Brough Me Back To Life », piqué cette fois à Aretha Franklin (mais écrit par Van McCoy), interprété par Yvonne sans son Roy, mais avec pas mal de panache, tout en simplicité, sans en faire des tonnes et sans se prendre pour une diva (« Diva » était le titre de l’album d’Aretha Franklin sur lequel figurait ladite chanson).

« Ohh La La », un super bon ska des familles fait plus que bien la blague (d’ailleurs si vous pouvez me dire qui est à l’origine de ce morceaux je suis preneur), et côté compos, ou plutôt compos des Shifters, « You Say No » et surtout « Moving On »,  très appréciable rocksteady finement interprété que vous aviez déjà pu écouter à l’occasion du 45 tours de 2013, rappellera à l’un ou l’autre qu’Yvonne Harrison et contemporaine de Doreen Shaffer et que ça  s’entend. 

Un album vous l’avez compris tout à fait recommandable à défaut d’être d’une grande originalité puisque Roy & Yvonne prennent peu de risques en se contentant de jouer les morceaux des autres qu’un backing-band tout confort leur a servi sur un plateau d’argent. Mais ils ont au moins la bonne idée de ne pas reprendre « Israelites », « Monkey Man » ou « You’re Wondering Now » et ça, c’est déjà une bonne nouvelle.

Vince

 

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