Rude Boy Train

BACK IN TIME 7 – REIMS – 6,7 ET 8 JUIN 2014

Résultat de recherche d'images pour "back in time 2014 reims the delegators"C’est le printemps, le beau temps est là et le festival BACK IN TIME aussi. Cet événement est vraiment spécial dans le paysage musical français. Comme souvent, les passionnés se décarcassent pour créer des soirées, mais là, tout est réfléchi jusque dans les moindres détails pour faire passer un moment exceptionnel à tous. La Cartonnerie est un lieu vraiment accueillant et les prouesses de décorations au cours des années (console vintage, scooters, dress code, photos,…) nous replongent effectivement dans le passé … Des concerts variés en style qui vont de la soul au ska en passant par le garage… C’est probablement tout cela qui créé une alchimie et qui amène un public si varié : Des enfants, des femmes enceintes, des retraités, des jeunes et tout un panel de gens lookés ou non.

Les hostilités s’ouvrent le vendredi soir avec un concert événement dans la petite salle : DAVE BARKER backé par les Rocksteady Confessors. Pour ceux qui l’ignorent, les Rocksteady Confessors ont été formés lors de la Back in Time de 2013 pour le projet de Christelle (ex Western Special) qui consistait à rendre hommage à Phyllis Dillon lors d’un concert unique.

Et donc, le groupe composé de figures de la scène ska/reggae locale issus de formation comme Western Special ou Big Guns, encadre la figure légendaire pour un set d’un peu moins d’une heure. Premier constat, malheureusement, le public est plus clairsemé que l’année dernière.

Après une brève introduction, la star entre en scène et commence le show par deux titres datant de sa collaboration avec Lee Perry & the Upsetters : « Shocks of Mighty » et « Prisoner of love » tout deux jouer sur un rythme un peu plus rapide que les versions originales. Le show se poursuit avec deux reprises « Will you still love me tomorrow » et « Ain’t too proud to beg » avec une mention spéciale pour ce deuxième morceau particulièrement réussi.

S’ensuivent plusieurs morceaux bien connus tels que « Blowing in the wind » (un des meilleurs moments de la soirée), « Monkey Spanner » ou « Your love’s a game » (en version ska) qui sera un ton en dessous de l’autre chanson des Techniques qui suivra, « You ain’t got a heart ». Le groupe enchaîne avec une série de reprises très (trop?) connues : « Millie Girl », « Dancing Mood », « Dance Casher » (très bon) pour finir par un « Ska, Ska, Ska » dispensable mais bien exécuté. Voilà la fin du concert qui arrive mais il manque l’immanquable : « Double barrel », sur lequel les cuivres apporteront une fraîcheur bienvenue pour un titre si souvent entendu.

Au final, la seule ombre au tableau aura été l’abus du « rewind » par Dave Barker au cours du concert qui au bout de 5 ou 6 fois peut s’avérer réellement agaçant et peut-être que le show aurait gagné à être moins « ska » dans l’orientation générale. Mais, cette première soirée aura été une réussite, le chanteur a conservé une très bonne voix, le groupe a su amener un réel plus avec un set vraiment carré et on se prend à rêver d’un rendez-vous annuel avec les grands vétérans jamaïcains. Cela restera certainement un excellent souvenir pour tous, et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, un single devrait prochainement voir le jour pour marquer la collaboration des Rémois avec Mr Barker  Pour les courageux, les DJ ont passé du son jusqu’à une heure avancée….

Le samedi est une journée bien remplie qui débute par une bourse aux disques en début d’après midi. Pour les amateurs s’ensuit une petite ballade en scooter agrémentée d’arrêts dégustation de Champagne. La soirée de gala approche et c’est cette fois la grande salle superbement décorée qui va accueillir les trois groupes au programme.

Le premier groupe a entrer en scène est THE MADCAPS, groupe garage venu de Rennes, pour un remplacement au dernier moment de The 45’s pour cause de blessure du guitariste. On appréciera à cette occasion la réactivité de l’orga pour qui « deux groupes, c’est inenvisageable », ce qui démontre un respect rare du public. Pas grand chose à dire de ce concert au vu de l’incompétence du rédacteur dans la musique pratiquée par le groupe, mais nul doute que les amateurs auront apprécié et le public a semblé satisfait de la prestation.

A peine le temps de préparer la scène et THE ORIGINATORS arrivent. Ce groupe nous vient des Pays Bas et pratique une Northern Soul classique. Composé d’une dizaine de membres, tout les éléments sont rassemblés pour rappeler les 60s, une section cuivre conséquente, une section rythmique bien au point et deux choristes flambloyantes dans leurs robes rouges sexy. La chanteuse principale entre en scène dans un second temps comme il est de coutume.

Les promesses sont tenues pour ce groupe fort sympathique et tout le monde a le sourire, sur scène comme dans la salle. Les chanteuses apportent un charme indéniable à l’ensemble et le groupe parvient parfois à se hisser au niveau des Inciters. Certains reprocheront au combo un son trop propre et un manque d’originalité, mais le concert est enlevé et les gens dansent. Que demander de plus ? Après un show d’une cinquantaine de minutes, le groupe se retire et laisse plutôt un bon souvenir, certes, on ne traversera pas la France pour les voir, mais s’ils passent près de chez vous, vous devriez passer un bon moment.

Après le changement de plateau, c’est aux DELEGATORS de prendre possession des lieux et là, on monte d’un cran de manière sensible. Ils déroulent trois chansons d’une traite sans laisser au public le temps de souffler. Après quelques mots d’introduction, Janet Kumah, la très charismatique chanteuse annonce le tube de leur premier album sorti l’année dernière « I didn’t mean to break your heart ». Le ska endiablé est repris en choeur par l’audience. Le groupe calme ensuite le jeu avec « Crying » et « All aboard » où la voix soul de la chanteuse fait des merveilles.

Les Delegators alternent alors rythme endiablé et tempo lent comme avec le très rocksteady « Into your eyes ». Par la suite, Janet abandonne la scène à ses comparses qui enchaînent deux titres instrumentaux parmi lesquels une reprise de « Besame mucho » qui fait un peu baloche. La chanteuse revient alors sur scène pour un des bons titres du groupe, ‘Trouble ». Il est temps de présenter la formation très internationale (clavier italien, batteur français et anglais…). La température monte avec le très chaloupé « I don’t mind » qui fonctionne toujours très bien durant les concerts du groupe avec un refrain très entraînant.

Après quelques titres variés parmi lesquels « Dance », le groupe termine en apothéose par un rappel avec la désormais habituelle reprise « Nowhere to run » de Martha Reeves. Encore une fois, le combo a réussi le pari de faire passer une excellente soirée au gens qui avaient fait le déplacement, ce n’est peut-être pas le meilleur show qu’ils ont délivré en France (on se souviendra du fantastique concert du Dance Ska La à Rennes), mais The Delegators fait définitivement partie de l’élite de la scène actuelle. Les DJs peuvent maintenant prendre le relais pour clôturer, et ils seront également présents le lendemain pour un pique-nique ensoleillé et musical qui achèvera le week-end dans la bonne humeur.

Le bilan de Back in Time est, comme à chaque édition, très positif. L’ambiance est toujours détendue et bon enfant, les groupes sont bien accueillis et prennent un plaisir visible à jouer et tout est pensé pour passer un week-end à part qui remonte le moral en ces temps de crise. Si vous n’avez jamais fait le déplacement, vous n’avez qu’à espérer une nouvelle édition pour réparer cette erreur.

Rodoliv

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