Rude Boy Train

NEVILLE STAPLE – Ska Crazy ! – Cleopatra Records

UN PEU D’HISTOIRE: NEVILLE STAPLE, vous le connaissez, c’est l’un des chanteurs de The Coventry Automatics, devenus The Special Aka, devenu The Specials, redevenus The Special Aka, mais seulement avec Dammers et Bradbury.  A l’agonie des Specials, Neville Staple, lui, est parti avec Lynval Golding et Terry Hall monter Fun Boy Three, un groupe pop/new wave qui eut son heure de gloire outre Manche.

Mais comme le groupe de Coventry c’était toute sa vie, Staple y regoûte au crépuscule des 80’s en version réduite, avec Horace Panter, Roddy Byers et le fidèle Golding. Ensemble, ils enregistreront un disque avec Desmond Dekker, avant de sortir notamment deux albums dans la seconde moitié des 90’s.

Au début des années 2000, Neville Staple sort un album sous le nom de Special Skank, donne des concerts sous le nom de « Neville Staple The Specials », puis il rejoint la reformation quasi complète des Specials en 2009 pour partir à l’assaut de l’Europe, formation qu’il quitte début 2014 pour des raison intra-muros, à l’instar de Roddy Radiation.

Il embauche une bande de mercenaires connue sous le nom de Neville Staple Band en 2013 pour enregistrer « Ska Crazy ! », son nouvel album solo sorti au printemps 2014 avec plein de reprises dedans.

LE DISQUE: Au départ, quand j’ai su que Neville Staple sortait un nouvel album solo, je ne me suis pas excité plus que ça, ayant été un peu refroidi voilà quelques années par son disque très passable avec Special Skank. Et en plus pour ce « Ska Crazy ! » fraîchement édité, le moins que l’on puisse dire c’est que la pochette, chargée jusqu’à la gueule de clichés two tonesques, est absolument foireuse. Le contenu allait-il pour autant être désastreux ? Pas du tout, vraiment pas.

Neville Staple ne révolutionnera rien ici, disons-le tout de suite. Mais avec cet album, il marque quelques points incontestables. La faute à une poignée d’excellents morceaux qui montent le niveau d’un disque globalement plutôt classique, avec un son moderne un peu impersonnel. Ces morceaux-là, c’est d’abord « Roadblock » que l’on avait déjà évoqué ici, nocturne, presque inquiétant, avec un indéniable côté « Ghost Town » qui fait assez plaisir à entendre. C’est aussi la superbe « Farmyard Connection » empruntée à Fun Boy Three sur laquelle on appréciera tout particulièrement le phrasé, le flow diraient les Anglais, d’un Neville Staple toujours vert malgré les années qui passent. Et « Play A Song For Me » est à l’avenant, avec ce qu’il faut d’efficacité pour emporter l’adhésion d’à peu près tout le monde. C’est simple, c’est propre, ça l’fait.

C’est sûr, on pourra se demander pourquoi le gars Staple est allé reprendre un titre comme « Hypocrite », assez vu et revu, même si la version ici présente est bien agréable avec ses choeurs féminins, ou pourquoi il s’est aventuré sur le terrain de « Johnny Too Bad », un classique parmi les classiques, pas vilain non plus ici, mais tellement téléphoné qu’on peine à y voir un réel intérêt.

Pas grave, nous sommes en 2014 et nous sommes heureux de constater que Neville Staple a encore deux ou trois choses à dire, et qu’il le fait avec talent. On n’en demande pas beaucoup plus.

Vince

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