Rude Boy Train

Wisecräcker – Modo de Odio – Smart Ass Rec

UN PEU D’HISTOIRE : WISECRACKER, c’est un groupe teuton qui chante en teuton. Originaire de Hanovre, le groupe a été créé en 1997 pour jouer du ska-punk qui bute. Un premier album, « I’d Rather Be Down With The… » est édité en 2000, puis repris l’année suivante par Elmo, la subdivision de Grover records consacrée aux groupes qui débutent.

« Para Mi Gente », le deuxième opus, sort en 2003 toujours sur Elmo, et en 2005 pour « El Presidente », le combo change de crèmerie et va voir du côté d’Ubersee Records, le label allemand qui édite notamment Los Kung-Fu Monkeys et La Plebe dont les solides gaillards de Wisecräcker sont fans.

Le « Pact », le quatrième album, sort en 2010 sur Ubersee, et ce même label publie un best-of en 2012 pour fêter les quinze ans du combo. En 2014 parait le single « Modo de Odio » uniquement en version digitale, et le morceau sera repris sur l’Ep six titres du même nom publié fin avril 2015 sur Smart Ass Rec, la structure DIY montée par Wisecräcker.

LE DISQUE : Bon ben n’allez pas chercher la finesse, ici c’est du lourd, du teuton qui picole de la bière et qui chante (souvent) dans la langue de Goethe. Ouille ! Ouille certes, mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce teuton-là se laisse écouter avec plaisir. La faute probablement à une musique pêchue (à défaut d’être violente) qui sied plutôt bien à cette langue pas facile. Et puis des fois y a aussi de l’anglais et de l’espagnol.

D’ailleurs, la galette démarre sur un plan beaucoup plus ska revival (« We Had To Go ») que ska-punk, même si c’est vrai que le refrain bute pas mal, mais la section cuivres (4 cuivres) envoie la choucroute avec une certaine vigueur comme sur un groupe Pork Pie du début des 90’s. « Modo de Odio » est assez explosive, avec un petit côté folk/gypsy/Balkans pas vilain du tout, et avec des invités de prestige en la personne de Bernie, chanteur de Los Kung-Fu Monkeys, et de Dr Shenka de Panteon Rococo, deux groupes mexicains bien connus. Franchement puissant.

« Unterwegs Mit Den Jungs » se pointe avec une trompette en sourdine, un léger côté dixieland, et teutonne à qui veut l’entendre, et avec « Moskau », le groupe envoie pas mal d’énergie pour nous livrer un titre impeccablement burné, avec juste ce qu’il faut de contretemps, des cuivres toujours aussi vigoureux en guise de ponctuation, une construction franchement bien chiadée, et un refrain à la russkoff comme si ça avait été enregistré par Spitfire dans un studio de St Petersburg.

« Back In 1989 » semble jouer la carte du calme et de la respiration, mais c’est sans compter là aussi sur le refrain qui vire au punk-rock cuivré, imparable comme un coup-franc de Platoche à la grande époque de Saint Etienne. Et Wisecräcker de boucler la boucle avec un « Hide & Seek » certes bien produit, mais qui aura de la peine à dammer le pion aux hits cités avant.

C’est robuste, c’est trapu, c’est viril, c’est tout en puissance sans jamais avoir l’air bourrin. J’aime ! Wisecräcker fait partie des groupe d’outre-Rhin que je vais désormais suivre de près. Incontestablement.

Vince

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