Rude Boy Train

Nancy Ska Jazz Orchestra – Anachronisme – Autoprod

nsjoUN PEU D’HISTOIRE : Le NANCY SKA JAZZ ORCHESTRA, qui s’appelait jusqu’à il y a peu Nancy Skankin’ Jazz Orchestra, s’est formé dans la cité des Ducs de Lorraine (Nancy quoi) il y a un peu plus de deux ans autour de quinze musiciens, dont des membres de la Casa Bancale (le noyau dur du NSJO), des actuels ou ex-Skaferlatine et autres Magic Dub Skatalogg Allstars.

Rapidement, le groupe met en écoute quelques morceaux démo ou live ici ou là, et on comprend qu’on tient là notre big-bang band ska-jazz français de qualité dans les lignée de l’OBMJ ou du Melbourne Ska Orchestra.

Le groupe donne des concerts dans la région et un peu au delà, et fin 2014 il lance une souscription pour la sortie de son premier album, « Anachronisme », qui sort en Cd en juin 2015 puis en vinyle en août.

LE DISQUE : Le voilà enfin cet album que j’attends depuis que j’ai entendu les premiers enregistrements du groupe, il y a presque deux ans. Parce que oui, après avoir écouté Western Standard Time ou Dancing Mood, on espérait bien pouvoir compter un big-band ska-jazz sur notre territoire. Alors quand en plus ce big-band vient de Lorraine…

Il y a de la qualité sur ce disque, presque entièrement composé de morceaux originaux, contrairement à ceux de pas mal de formations du même style qui nous servent et nous reservent des reprises des Skatalites à n’en plus finir. Dix titres ici, dont une adaptation de la Casa Bancale et « Tom Thumb » empruntée à Wayne Shorter. Et dans les deux cas c’est excellent. « Tom Thumb » sonne américain (forcément), un peu comme du New York Ska Jazz Ensemble, et sur la chanson titre, « Anachronisme », un instru fichtrement bien gaulé, on pense volontiers à un titre à la cool du Tokyo Ska Paradise Orchestra avec un Nargo très en avant.

Pas mal de rapidité sur « Démineur » et sur la très habile « Across Lobau Boulevard », un peu dixieland, un peu charleston, 100 % retro, mais on appréciera tout particulièrement « Hatcha ! », le morceau qui ouvre le bal avec brio, et avec mine de rien un style assez personnel. Car le Nancy Ska Jazz Orchestra n’envoie pas du son à l’américaine comme WST ou comme le NYSJE (à part sur « Tom Thumb » donc), mais nous propose un ska-jazz à la française, un peu à l’image de sa pochette, très art déco, très belle époque, très école de Nancy, avec un peu de Mistinguett, de Maurice Chevalier et de Joséphine Baker.  La mélodie est superbe, les cuivres sont parfaitement en place et se complètent à merveille, avec derrière une rythmique de toute première bourre.

Et si je dit que cette musique a quelque chose de typiquement française, c’est encore plus vrai lorsque les morceaux sont chantés. « Croqueuse d’Hommes », dont on avait déjà parlé dans nos colonnes (et donc emprunté à la Casa) est une pure réussite, mais pas autant que « Les Bonnes et le Baron », car ça, c’est assurément l’une des plus belles saillies de ce premier effort discographique. C’est superbement interprété par une Marie Goetzinger qui n’a jamais aussi bien porté son nom, et l’écriture est excellente, entre une opérette de Françis Lopez revisitée par Jérôme Savary et une comédie musicale signée Jacques Demy/Michel Legrand. Et on retrouve dans le NSJO le côté cabaret/Grand Orchestre du Splendid qu’on avait senti poindre ici ou là dans le répertoire de la Casa Bancale.

Un premier album qui  laisse une excellente impression, avec une production pas gigantesque mais franchement bien chiadée du côté de L’Ermitage à Frouard, pour un big-band avec une vraie personnalité qui a encore une marge de progression certaine, et qui va à n’en pas douter nous balancer de bien belles choses dans les années à venir. A écouter d’urgence.

Vince

 

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