Rude Boy Train

THE BEATDOWN – The Beatdown Meets Hugo Mudie – Stomp Records

The Beatdown Meets Hugo Mudie cover art

UN PEU D’HISTOIRE : C’est donc qui côté de Montréal, Québec, que démarre l’aventure THE BEATDOWN début 2009. Alex et Pascal, membres des excellents One Night Band, montent un nouveau quatuor musicalement quasi jumeau.

Un premier album sort sur Stomp Records en 2010, suivi par « Walkin Proud' », second opus en 2012. Début 2014, c’est un Ep quatre titres, « Let’s Go », qui est édité, cette fois chez les Espagnols de Liquidator Music.

En 2015, le groupe décide de reprendre le chemin des studios, mais pour changer un peu de son, il invite HUGO MUDIE (ancien chanteur de The Sainte Catherines et de Yesterday’s Ring), à venir tenir la gratte et pousser la chansonnette avec sa voix un peu rauque, un peu rock.

LE DISQUE : La voici donc la recette magique pour sonner différemment. On invite un chanteur qui ramène ses influences à lui dans sa besace. Et on met tout ça dans un disque avec une pochette à la limite du psychédélisme. Iconoclaste The Beatdown ? Ben oui, un peu.

Le premières écoutes de l’album laissent un peu de marbre, et on se dit que ce nouvel opus n’apporte rien à la discographie du groupe de Montréal et que surtout, il n’arrive toujours pas à la cheville du second disque de The One Night Band, l’autre formation d’Alex et Pascal qui  à l’époque avaient accouché d’un petit chef d’oeuvre.

Mais à force d’écouter et de réécouter, on trouve finalement dans les onze titres ici présents largement de quoi se satisfaire, de l’entrée reggae classique mais propre (« Wasting Time »), à la sortie ska (« I’m The War ») inquiétante, nocturne, avec une guitare lead de bon aloi et toujours, omniprésente, la voix d’Hugo Mudie et son timbre si particulier.

On accrochera tout spécialement à « Crazy » et à son irrésistible sifflement de clavier, aux cuivres de la joyeuse « Sweet Baby » avec encore cette belle guitare solo, et bien entendu « South Central Represent », un morceau chargé d’ambiance (un peu à la manière du « Ghost Town » des Specials),  superbement interprété et surtout  parfaitement écrit par un groupe pour le moins inspiré. Les instruments s’agencent à merveille, les guitares se complètent, la rythmique est impeccablement soutenue, et le break vers la fin fait vraiment son petit effet.

Mention spéciale aussi au rocksteady « The Night I Searched For Love » et à « Eeboo », un pur skinhead reggae à bretelles comme en 69, sautillant, rétro, avec une scansion typique d’un Symarip ou d’un Harry J, du genre qui file une irrépressible envie de danser.

Original sans révolutionner le son du quatuor québécois, ce troisième opus mérite qu’on lui consacre une écoute attentive, faute de quoi vous risqueriez de passer à côté d’une belle poignée de pépites jamaïcaines, mais fabriquées au pays de la poutine et du smoked meat. Et c’est bien ce mélange de genres et de cultures qui fait toute la saveur de cette rencontre, qu’on espère durable, entre The Beatdown et Hugo Mudie.

Vince

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