Rude Boy Train

Repose en paix Rico Rodriguez

C’est un grand parmi les grands qui vient de nous quitter.

RICO RODRIGUEZ, comme Laurel Aitken, était né à Cuba et non en Jamaïque. C’était en 1934.  Il avait émigré, puis grandi avec ses parents à Kingston et intégré l’Alpha Boys School où il avait appris le trombone aux côtés d’un certain Don Drummond. Il avait côtoyé les plus grands (Laurel Aitken, Theo Beckford, les Skatalites, Derrick Morgan, Owen Gray, Derrick Harriot, Count Ossie…), été produit par les meilleurs (Duke Reid, Coxsonne Dodd, Prince Buster…), enregistré dans les meilleurs studios de l’île.

En 61, peu de temps avant l’indépendance jamaïcaine, Rico Rodriguez avait comme tant d’autres gagné l’Angleterre pour y faire carrière. C’est là qu’il avait monté « Rico & The Rudies », plutôt orienté skinhead reggae, avec qui il avait enregistré « Blow Your Horn » pour Trojan Records en 1969, ainsi que « Brixton Cat » la même année sous le nom de Joe’s All Stars. C’est aussi en Angleterre qu’il avait trouvé les moyens de produire son véritable premier album en 1976, « The Man From Wareika », un classique pondu grâce à l’aide de Chris Blackwell, entre le Hammersmith Studio du label Island, et le Randy’s Studio de Vincent « Randy » Chin  à Kingston, avec Joe Gibbs aux manettes. Sur le disque, du beau monde : Sly & Robbie à la basse et à la batterie, Ansell Collins au clavier, Junior Marvin à la gratte, Eddie « Tan Tan » Thornton à la trompette, IJahman qui fait les choeurs… Et puis une merveille, « Africa », produite par un certain Dick Cuthell.

« The Man From Wareika » serait à ce jour le seul album de reggae jamais sorti sur Blue Note, LE label de référence pour qui aime le jazz.

Au crépuscule des 70’s, Rico Rodriguez avait  forcément croisé la route des Specials avec qui il avait fait un bout de chemin, et son trombone avait marqué les esprits sur la reprise de « Rudy, A Message To You » par le groupe de Coventry. Jerry Dammers avait d’ailleurs sorti sur Two-Tone Records les albums « That Man Is Forward » en 1981 puis  « Jama Rico » en 1982.

Il avait discrètement continué sa carrière au cours des années 80, et en 95 Island avait sorti « Roots To The Bone », un disque qui reprenait « The Man From Wareika » auquel une poignée de morceaux de la fin des 70’s avaient été ajoutés.

Rico Rodriguez avait aussi joué avec Jools Holland, et il était admiré jusqu’au Japon ou Sony avait sorti en 2006 « Japa Rico », un disque sur lequel il jouait treize de ses morceaux avec le Tokyo Ska Paradise Orchestra, The Miceteeth, les Moodmakers de Tsuyochi Kawakami, Cool Wise Men ou Oreskaband…

Rico Rodriguez nous a quittés aujourd’hui à Londres. Il allait avoir 81 ans. RIP.

  1. Séb 5 septembre 2015 at 8 h 24 min

    Triste nouvelle en ce samedi matin. Dire que malgré son immense talent, sa disparition ne fera pas la une des journaux…

    Repose en paix, et merci pour tout.

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