Rude Boy Train

RUDE BOY TRAIN’S CLASSICS – RUDE BOY SYSTEM- They Say (RBS Prod-1999)

« Rude Boy Train’s Classics », c’est une série de chroniques d’albums qui ont marqué l’histoire du ska, du rocksteady ou du skinhead reggae. Standards objectifs reconnus par le monde entier ou chefs d’oeuvre personnels qui hantent nos jardins secrets, la rédac de Rude Boy Train vous fait découvrir ou redécouvrir ces albums majeurs qui méritent d’avoir une place de choix sur vos étagères ! Rendez-vous le premier vendredi de chaque mois…

UN PEU (BEAUCOUP) D’HISTOIRES’il y a un mérite que l’on ne pourra pas retirer aux groupes ska-rock à tendance festive des années 90-2000, c’est bien d’avoir, grâce à leurs réels succès, remis en avant toute une scène ska française quelque peu moribonde, ou du moins très peu exposée.

Rude Boy System fait partie de ces groupes dont on n’aurait peut être jamais entendu parler sans cette vague et qui ont eu un réel impact sur tout une génération, la mienne, permettant de remettre bon nombre de brebis égarées dans le droit chemin du ska trad et du rocksteady. Formé en 1993 au Mans, RBS sort en 94 son premier trois titres en version cassette (mais oui, la petite boite en plastique avec les deux petits trous au milieu !) dont « The Implantation » et les quatre suivants dont l’excellent « Put It On It » en 96 sous le même format.

L’EP « Before You Go ! » viendra la même année précéder un premier album « Ska’Ing Ouest » qui esquisse les traits du son de Rude Boy System, un ska traditionnel souvent très jazzy, des morceaux plus pêchus à la limite du two-tone et quelques belles compos reggae. Le deuxième album complet, par circonstance, sera un live bien nommé « Live Injection » en 97, avec seulement trois titres repris du premier album, un paquet de nouvelles compos comme l’excellent « Fine Feeling » et des reprises comme cet explosif « Ska Fever » piquée à Judge Dread.

A force de sets, le groupe progresse et, malgré le départ de certains membres, dont l’incontournable tromboniste Lord Magic parti pour développer son Viking’s Remedy, « They Say » le troisième album dont nous parlerons ici, sorti en 99 toujours en autoproduction, bénéficie d’un son bien plus travaillé. C’est donc avec un succès tout de même conséquent, avec plus de 5000 unités vendues et une tournée des plus fournies, qu’ils abordent l’enregistrement de « Take Your Time» en 2002. Si le son est encore un cran au dessus, les compos, influencées sûrement par la dernière section cuivre en place, sont bien plus jazzy, mais recèlent toujours quelques pépites telles que « Stay Or Go » ou « You Know».

Divers problèmes les écarteront de la scène pendant près de 5 ans avant qu’ils se repointent à la surprise générale en 2008 avec un « My Friend » d’ excellente facture avec l’apport d’un second chanteur pour épauler Fred et deux titres en duo avec Queen Sonia, fidèle au groupe. S’en suivront quelques prestations live explosives dont ils ont le secret, puis en 2011, ils annoncent, avec la sortie de l’EP toujours excellent « Blackout », la fin définitive d’un groupe qui aura marqué de son empreinte l’histoire du ska en France.

LE DISQUE: Elles évoquent de sacrés souvenirs ces réécoutes de ce « They Say » pour cette « classic» ! Ceux d’une belle période où les programmateurs considéraient le ska comme une « musique actuelle » et où l’on pouvait voir un peu tout le monde en live régulièrement. C’est aussi une période ou la scène foisonnait de bons groupes qui sortaient des sacrés bons skeuds: Western Special, les Skaf déjà bien implantés, Orange Street ou ces Jim Murple qui blindaient les salles… Rude Boy System faisaient bien partie de ceux là et, faisant fi de la mode, s’attelait à produire un son très sixties, finalement à contre courant de l’air du temps.

Le « Tribute » qui ouvre l’album en est une preuve flagrante : cet instru bien swing vient enquiller avec classe les solos comme à la grande époque de Studio One. Et si « They Wanna Know » sonne un peu plus moderne, malgré ses percus entraînantes, alors que « They Say », le morceau titre de album est un reggae bien sombre, c’est bel et bien dans le ska trad à la « Road Of Love » que RBS s’épanouit pleinement ! Le titre est tout en groove et enjoué, donnant l’intenable envie de bouger.

« New Dance » suit dans sa roue, un titre malgré tout plus expressif en live. « Onomatopée » restera un de mes instrus préférés avec sa ligne de basse et son duo batterie- percus implacables alors que la splendide reprise du standard Jazz « All Of Me » en compagnie de Queen Sonia figure lui dans mon top du monde of the world of ska.

Car même si parfois la production peut paraître un poil light rapport a celle des ogres Ricains ou Allemands de l’époque, le colis est rudement bien empaqueté pour du « Do It Yourself » à la Française. Et si l’on jauge le reste de l’album, avec un « Ligerie Dub » bien puissant, un « More Intention » ska sixties engagé, un autre « When A Man Said» limite two-tone et un « Judgement Day » devenu un des hymnes live de la troupe, ben on se dit : « putain, c’était bien ! »

Rude Boy System finit sur une note acoustique en mode coin du feu, avec un « Good Philosophy » enregistré en extérieur, à l’image d’un groupe définitivement sympathique à la carrière qui l’est tout autant… Messieurs-Dames, je vous le dis, ce « They Say » mérite vraiment lui aussi de ressortir de vos tiroirs…

Bronsky

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