Rude Boy Train

Reggae Workers Of The World – La Pêche – Montreuil – 29/09/2015

reggae workers of the world 2Nous vous parlions il y a quelques temps du Reggae Workers of the World et de son line up prestigieux : Vic Ruggiero (The Slackers), Jesse Wagner (the Aggrolites) et Nico Leonard (Moon Invaders). Le problème est que, mis à part les noms des musiciens, on ne sait pas grand chose de ce que donne le trio, le disque n’est disponible qu’aux concerts et c’est justement le premier concert de la tournée… on se demande forcément si l’alchimie se fera, ce que donneront les compositions du groupe…

Dés le début, les choses sont claires, Jesse l’annonce, il refuse de jouer les morceaux des Slackers et il dit que Vic refuse de jouer les chansons des Aggrolites, en revanche, les requêtes du public sont les bienvenues. C’est dit sur le ton de la plaisanterie, mais cela se confirmera à l’exception d’un excellent « Old Dog » exécuté en milieu de concert. Le concert débute sur un « Kingston Town » bien sympathique sur lequel la voix de Jesse Wagner fait merveille pour enchaîner sur un morceau du groupe puis une superbe reprise du classique « Express Yourself » de Charles Wright mais version Leroy Sibbles. Après ce round d’observation, la complicité avec le public s’établit, les demandes des spectateurs se multiplient, parfois farfelues, et Vic et Jesse sélectionnent à tour de rôle, expérimentent, tatonnent.

Le set est très varié et en grande partie improvisé, rappelons que c’était le premier de la tournée. Le groupe avait visiblement dans l’idée de jouer leurs propres créations entremélées de classiques. L’exercice est difficile car l’adhésion à des reprises biens connues de tous est plus aisée que la découverte de nouveaux titres jamais entendus. C’est là que le talent et le métier des deux frontmen font merveilles et le groupe s’en tire haut la main.

Tout au long du concert, nous avons droit à de sacrés morceaux d’anthologie, jugez plutôt : Johnny Too Bad, White Man in Hammersmith Palais (qui embarque le public), Baba Boom time dubisant (exceptionnel!!), un Lips of wine de Dennis Brown (formidable), Picture on the wall, Love me do, Roots Radical (les couplets et le refrain scandés par la public puis Vic Ruggiero prend le relais et improvise des paroles humoristiques), Guns of Navarone (suite à une blague d’un spectateur sur laquelle Jesse Wagner enchaîne et demande au public de faire les cuivres)…

Les deux chanteurs prennent le lead chacun leur tour, s’échange basse et guitare, sans guerre d’ego, ce qui confirme leur bonne entente, mais aussi qu’ils n’ont plus rien à prouver. Vic Ruggiero impressionne par ses talents de multi-instrumentiste (guitare, basse, clavier, harmonica), Jesse Wagner qui ne joue « que » de la guitare et de la basse par sa voix et Nico Leonard s’en tire plus que bien pour suivre les délires des deux musiciens.

Le concert s’achève en apothéose avec un medley Girl I’ve got a date/Skinhead Moonstomp/Too much Pressure/Sally Brown qui monte crescendo pour nous laisser pantois après 2h30 de musique non stop. Reggae Workers of the World, ce sont les stakhanovistes du reggae. On retiendra la bonne humeur, la simplicité et le talent du trio qui nous a fait partagé un moment rare dont on ne sait pas s’il se reproduira, la tournée s’achevant en France par deux concerts le 12 octobre à St Etienne et le 13 octobre à l’Appart à Reims, profitez en si vous en avez l’occasion.

Rodoliv

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