Rude Boy Train

Zamalska, Skaferlatine, 65 Mines Street – 23 octobre 2015 – Le Gueulard +/Nilvange (57)

Afficher l'image d'origineEt c’est parti pour une petite soirée ska pas très loin de la maison.

D’abord c’est bien parce que c’est au Gueulard +, une SMAC nickel chrome en lieu et place de l’ancienne piscine. En fait la fosse où se trouve le public, c’était le bassin. C’est pas un grand moment d’architecture ça ? En plus la jauge est impec genre 400 places, pile poil ce qu’il faut. Sauf que bon, on ne peut pas dire que le public ait répondu présent en masse puisqu’il devait y a voir genre 120 personnes, et pourtant y a eu du collage d’affiches, ce qui a (malheureusement) tendance à se perdre (au profit de pauvres événements facebook).

Bref, j’arrive quand ZAMALSKA, cool quintet ska-jazz de l’est messin, est déjà sur scène. Zamalska, ça révolutionne pas le son jamaïcain, mais c’est vraiment un groupe qui fait plaisir à entendre, avant tout parce que Sylvenz, le saxophoniste, a une bonne humeur communicative. La formation c’est guitare/basse/batterie/clavier/sax, un seul cuivre donc, et une grande partie de leur son est organisé autour de cet instrument-là que le gaillard, c’est vrai, maîtrise plutôt pas mal.

Comme le groupe n’a à priori sorti aucun disque, j’aurais du mal à vous parler du répertoire, mais l’ambiance était résolument ska-jazz avec des titres rapides, et une reprise « que tout le monde a déjà entendue mais dont personne ne connait l’auteur« , sauf que si, on connait: c’était « Portrait Of My Love » de Baba Brooks, ici joyeusement interprétée. Après pas mal de remerciements au public venu ce soir – car il n’y a pas toujours du public aux concert de Zamalska (rapport à un concert en 2014 avec la TSF, devant deux spectateurs, quatre si on compte le patron du bar et sa copine) – Sylvenz annonce que c’est Skaferlatine, groupe qui a passé le quart de siècle, qui va ensuite monter sur scène.

Dans le coin, SKAFERLATINE est un groupe très connu. Et c’est vraisemblablement celui-ci que la plupart des spectateurs sont venus voir ce soir. Depuis 1989, la formation a énormément changé, et dans le quintet présent sur scène, seuls deux musiciens (basse, batterie) étaient dans le line-up d’origine. Le chanteur/guitariste est un ancien de la Place du Kif, et les cuivres (sax et trombone) sont des membres du Nancy Ska Jazz Orchestra (parfois le groupe devient un sextet avec un trompettiste en plus). Mais la nouvelle formation commence à avoir de la bouteille, et toute l’équipe m’a semblé plus à l’aise qu’à l’été 2014 avant The Upsessions dans un festival local. Le chanteur notamment, très éloigné du frontman historique du groupe, semble avoir pris ses marques. Les standards des messins sont là, de « Diabolo Ska » à « Conifère », d’ « Après Tout » à « Time to be », en passant par l’inénarrable « Complainte du Marin ».

Les cuivres sont bien en place, à l’image du reste de la bande, et c’est pas une corde cassée vers la fin du set qui viendra gâcher notre plaisir, plaisir dû notamment à quelques nouveaux morceaux (quatre ou cinq ?) qui devraient être sur le nouvel album (en 2016 ?) et qui semblent comme ça à la première écoute parfaitement tenir la route. On verra ça.

Skaferlatine c’est bien, mais comme c’est le groupe que j’ai le plus vu sur scène, je connais ça par coeur. Le clou de la soirée pour moi, c’est bien 65 MINES STREET, le combo d’Audincourt (et un peu de Nancy) dont le dernier album est une grosse tuerie. Alors pas question d’en rater une miette. Pendant que pas mal sont au bar, en haut, moi j’attends dans la salle, et quand la lumière s’éteint, une musique de western spaghetti retenti. Apparemment, le 65 a revu son set de fond en comble. Ça se confirme tout de suite, puisque pas d’enfilade « We are 65 Mines Street »/ »Do You Exit » pour démarrer le show, alors que cette entame-là semblait incontournable. D’ailleurs j’ai pas vraiment reconnu le début du set, composé de titres (fortement) réarrangés. Pour le reste, on a eu droit à des morceaux des trois opus, avec pour le premier de la « Pink Cadillac », des « Y Files » toujours excellents, de la « Bagarre », des « Bang Bang » et forcément, la paire « We Are… »/Do You Exist », très habilement placée vers la fin du second tiers, histoire de relancer la machine, avec juste avant une bande-son qui envoie un bruit de moteur en guise d’introduction. Car le groupe a bien bossé son set et a soigné les ambiances. On remarquera aussi ici ou là, des extrait de dialogues de films.

Du second album on a eu le meilleur, de la « Stereo », de la « That Dress », « Peter & Alice », « Rinding In The Dark » ou la toujours excellente « Lovers Lane ». Ça joue super bien, ça bouge super bien, on sent que le combo vient d’enquiller quelques dates. Le clavier est toujours très spectaculaire, à l’instar du batteur toujours hyper concerné (on sent le gars qui joue avec les tripes), le chanteur n’hésite pas à la jouer crooner avec style, la gratteux ne tient toujours pas place et le bassiste, impassible, envoie de la rythmique métronomique. Ça doit faire sept ou huit fois que je les vois en live, et on sent d’indéniables progrès sur le plan scénique. Ça doit être les bénéfices de l’expérience américaine et des concerts avec Roy Ellis. Et même que 65 nous a gratifié d’une très bonne adaptation de « Mirza » de Nino Ferrer, morceau qui colle parfaitement bien au style du groupe.

Forcément, ils nous ont servi aussi pas mal de titres du dernier album, « I’m Sick Of It All », « Summers End », « Agent Orange Is Good For You », la nouvelle version de « Juicy Morning », excellente, « Nite Shot II », et même que tout ça s’enfile avec grâce. « Walking On Topanga », la désormais incontournable « Whitechapel’s Murderer », le hit « This Sound Is Shit », et en guise de climax, « The Ballad Of Jerry Lundegaard », qui est dores et déjà l’un des très grands morceaux de 65 Mines Street (un très grand morceau tout court).

On regrettera que l’assistance ait été aussi clairsemée vers la fin du concert (y en a qui ne savent pas ce qu’ils ratent) qui à force de bandes-son, d’arrangements qui vont bien, de références au tueur de Whitechapel, au cinéma d’exploitation ou aux frères Coen, a pris une tournure assez cinématographique, et c’est certainement pas moi qui vais m’en plaindre.

J’espère revoir la fine équipe dans pas trop longtemps, peut-être avec les Magic Plumbers, parce que là aussi ça envoie du lourd. En tout cas, ratez pas ces gars-là si ils passent près de chez vous. Ils ont bien bossé et il méritent plus que jamais vos applaudissements.

Vince (photos Jérome DWK, merci à lui)

 

 

 

 

 

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