Rude Boy Train

THE GROOVIN’ JAILERS – Take It Or Leave It – Casual Records/Mass Prod

UN PEU D’HISTOIRE THE GROOVIN’ JAILERS, c’est un groupe de Lille qu’on commence à bien connaître. Composé de cinq musicos issus de la scène nordiste ska, reggae, punk et plus si affinités, le combo qui a démarré en 2010 aime le son à la Aggrolites, avec une grosse base jamaïcaine dans laquelle il envoie du funk et un peu de soul.

Ils ont croisé sur scène quelques belles pointures comme Red Soul Community, Bad Manners, 8°6 Crew, 65 Mines Street… et ont sorti un maxi Ep au format 10′ en 2012.

En 2015, ils sont retournés en studio pour pondre leur véritable premier album, « Take It Or Leave It », qui n’a rien à voir avec Madness mais qui est chargé jusqu’à la gueule de leur fameux catchy reggae.

Le disque est sorti en vinyle chez Casual Records, et pour le Cd, faut s’adresser aux activistes de Mass Prod. 

LE DISQUE : Voilà un groupe que j’avais vu sur scène et que j’avais trouvé bien sympathique, quoiqu’un peu statique, pas très spectaculaire et  un peu en roue libre, malgré des compos pas vilaines. Alors côté album je me disais, pourquoi pas, mais sans plus d’enthousiasme que ça. Et ben vous savez quoi ? J’avais tort. Car il est évident à l’écoute de « Take It Or Leave It », que le quintet a pas mal bossé et a monté le niveau d’un cran.

Ok, on n’est pas dans de la très grosse production et le groupe n’a pas la finesse de Jr Thomas et de ses Volcanos. Sauf que sur les douze morceaux qui composent cet album, on trouve du bon, voire du très bon, dans un style assez peu présent en France: early reggae oui, rocksteady des fois, mais c’est aussi  gorgé de soul, de funky beat et même de sons à l’américaine à la limite de la country music.

La chanson-titre justement, joue à fond sur le côté vintage 70’s, comme si on l’avait tirée d’une vieillerie blaxploitation avec Pam Grier ou Fred Williamson. Y a une scansion à la James Brown, un clavier omniprésent et une rythmique comme on a dû en entendre pas mal du côté de WattStax en 72. L’exercice est plutôt casse-gueule, mais les Groovin’ Jailers gardent la maîtrise d’un bout à l’autre. « Hold On » juste derrière, reste dans le même sillage, tout en étant plus classiquement early reggae, avec une belle rythmique et des solos de guitare qui vont bien, et toujours évidemment, ce clavier qui sautille, et qui est assurément l’un des marqueurs forts du catchy reggae du groupe lillois.

On tourne du cul sur « Call Phone », on admire la guitare solo et le basse qui se promène, on se calme et on s’accoude au bar pour apprécier la plus feutrée « Want To Dream », et on applaudit au changement d’ambiance de « BB U Can Go » qui ferme la marche avec du soleil comme sur une plage de Négril.

Mention spéciale à « Reggae Rush », un pur instrumental assez génialissime avec tout ce qu’il faut dedans (on croirait entendre du Aggrotones), et à « More Love », dont le refrain semble avoir été calibré pour être repris avec les potes au milieu du pit. On appréciera aussi tout particulièrement l’ambiance redneck de « Work Soldier », qui sonne comme si ça avait été enregistré quelque-part en Alabama durant la Grande Dépression.

Il y a bien un ou deux titres un brin en retrait (« Pick Me »… ), mais rien qui puisse m’empêcher de vous recommander chaudement d’aller poser une oreille sur ce premier album qui s’écoute avec grand plaisir.

Et on remerciera au passage Casual Records, le label de chez nous qui monte qui monte, et qui se casse le cul pour sortir de beaux objets chargés de bonnes vibrations.

Vince

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