Rude Boy Train

THE ADELIANS – The Adelians – Q-Sound Recording/Specific

THE ADELIANS

UN PEU D’HISTOIRE : THE ADELIANS n’est pas un groupe très ancien puisqu’il a démarré il y a un peu plus de deux ans à Montreuil. Il faut dire que derrière ce combo se cachent des musiciens qu’on retrouve un peu partout du côté de Q-Sound Recording, le label du 9-3 100 % pur soul, exemplaire dans sa démarche et dans la qualité de ce qu’il produit (si vous avez un doute, allez voir ici, il sera vite dissipé). The Adelians au départ, c’est donc les Chacals, groupe maison, auquel on aura ajouté une section cuivres (deux sax).

En 2014, le combo avait sorti un Ep 4 titres avec Ruth au chant, mais c’est aujourd’hui Florence qui tient le micro, et de bien belle manière. La preuve avec ce premier album, éponyme, qui vient de sortir chez Q-Sound et chez Specific.

LE DISQUE : Souvent quand on parle de soul, on parle aux Etats-Unis. La faute à Berry Gordy, à Stax ou à Otis Redding, certainement. Mais depuis quelques années, l’histoire de la soul s’écrit certes du côté de Brooklyn avec l’incontournable label Daptone Records, mais aussi de l’Italie avec Record Kicks et de la France avec Q-Sound Recording à Montreuil. Le label francilien ne fait pas les choses à moitié, soigne l’artwork des disques qu’il produit, ne sort que du vinyle (on pourra d’ailleurs regretter l’absence de CD), et enregistre en analogique. C’est rétro comme on aime, et côté son ça tient parfaitement la route.

Démonstration avec The Adelians et ce premier album exemplaire. Ça commence plus que bien avec « Naïve », excellente entrée en matière où Florence nous fait comprendre en quelques mesures que malgré son jeune âge on a ici affaire à une soul lady de toute première catégorie. Comme quoi Corneille (l’écrivain français, pas le crooner québécois) avait raison: « la valeur n’attend pas le nombre des années ». Et au fil des onze morceaux, il ne va y avoir la moindre baisse de régime.

Ce qui est appréciable avec The Adelians, c’est que c’est de la soul qui ne cherche pas seulement à copier les Américains, mais de la soul bien française, avec tout ce que la France compte de métissage, parfois même chantée dans la langue de Molière. Ce qui donne d’excellents moments comme « Dis moi oui ou non », « Tu m’ennuies » avec ses houhou yéyé, et dans le genre plus calme « Seule », superbement chantée, parfaitement ponctuée d’impeccables riffs de cuivres, avec toujours ce sifflement de clavier à l’ancienne qui contribue largement à la fabrication de ce son rétro, nostalgique sans jamais être daté.

Je pourrais égrainer la totalité des titres et vous dire que « It’s too late » est magnifique ou que « Come Back » est du niveau des meilleurs, mais c’est surtout sur « Stay », en duo avec Charlène, qu’il conviendra d’insister. Ça sent bon la northern soul, c’est rapide comme j’aime avec une mélodie imparable et derrière, une rythmique métronomique. Voici donc un pur tube taillé pour le parquet du casino de Wigan, et on se dit qu’à un tel niveau, Binky Griptite et ses collègues peuvent commencer à surveiller leurs arrières.

Le renouveau vient de Montreuil et s’appelle The Adelians. Et ce premier album est tout simplement remarquable.

Vince

 

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