Rude Boy Train

THE JAMES HUNTER SIX – Hold On ! – Daptone Records

Afficher l'image d'origineUN PEU D’HISTOIRE : JAMES HUNTER, c’est un daron anglais de Colchester, au nord-est de Londres, amateur de rhythm and blues et de soul, mais aussi de rockablilly, genre qu’il explorera au mitan des 80’s avec Howlin’ Wilf and the Vee-Jays, un de ses premiers groupes avec lequel il publiera trois albums et un maxi Ep.

James Hunter traîne sa guitare dans les clubs de Londres, se fait repérer par un certain Van Morrison qui apparaît sur le premier album solo du gaillard, « Ace », en 1996. Hunter se retrouve ensuite à accompagner Morrison sur scène, avant d’enregistrer trois autres albums jusqu’à la fin des années 2010.

C’est là qu’il décide de monter une formation qu’il appellera tout simplement THE JAMES HUNTER SIX, puisqu’ils sont six, et peut-être que s’ils avaient été sept ils se seraient appelés The Magnificent Seven.

The James Hunter Six sort en 2013 un premier album (« Minute By Minute ») sur Fantasy/Go Records, avant d’être repris en vinyle par Daptone Records, parce que Bosco Mann est quand même loin d’avoir des goût de chiottes.

« Hold On ! », le second opus fraîchement sorti, est publié directement par le label de Brooklyn, avec le même Bosco venu traîner ses guêtres près des manettes de Penrose Recorders à Riverside, Californie.

LE DISQUE : J’arrive fraîchement dans le monde de la soul et du rhythm and blues, et je vous préviens, avec des disques comme celui-ci, on risque fort de vous parler de plus en plus de ces genres-là dans les colonnes de Rude Boy Train.

Parce que là vraiment, je suis sur le cul. Dix morceaux, pas un de plus, et franchement le gars James Hunter n’a pas besoin de monter sur les toits (cf la pochette) pour avoir la tête dans les nuages. Comme dirait l’autre « sky is the limit », et encore, tu te demandes si ce sextet-là en a (des limites).

D’abord moi je pense à Ben E. King, c’est peut-être un peu cliché mais c’est comme ça, et je parierais bien une bière sans crainte d’y laisser trois euros que James Hunter a dû écouter le chanteur de Harlem en boucle du matin jusqu’au soir. Je ne sais même pas de quel morceau en particulier vous parler tellement tout est bien. J’adore, et c’est un euphémisme, « This Is Were We Came In », un titre à la cool avec un solo de piano de toute première bourre, une ponctuation de cuivres d’une grande sensibilité et des choeurs à chialer tellement c’est beau. « If That Don’t Tell You » est nettement plus énergique, plus rock, avec toujours cette impressionnante paire de sax (ténor et baryton), et quand on tombe sur « (Baby) Hold On », on ne peut que s’incliner devant tant de style, et devant un tel sens du rythme et une telle maîtrise de l’arrangement qui fait mouche.

« Something’s Calling » semble sortie d’un vieux James Bond avec ce qu’il faut de soul dans la voix, et on pense aussi à Elvis lorsqu’il allait faire son bellâtre devant les caméras, entre « Les Rôdeurs de la Plaine » et « Double Trouble ». Sur « A Truer Heart », gigantesque, on pense à Jackie Wilson et on s’extasie en ressentant la finesse de l’enchevêtrement de ces instruments, de ces mélodies et de cette rythmique, pour donner au final un titre aux allures de chef d’oeuvre.

Parfois ça sonne un peu plus northern soul comme sur « Stranded », parfois ça ressemble à du jazz de crooner comme sur « In The Dark », mais à chaque fois on se pince pour savoir si ça a été enregistré en 63 avec Phil Spector, ou si on écoute bien un disque de 2016 pondu par une joyeuse bande de britons amateurs de bière brune à couper au couteau.

Il n’y a pas que le ska et le reggae de rasés dans la vie. The James Hunter Six vient de nous le rappeler avec une classe monumentale.

Vince

 

 

 

 

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