Rude Boy Train

MELBOURNE SKA ORCHESTRA – Sierra Kilo Alpha – Four Four

Afficher l'image d'origineUN PEU D’HISTOIRE : Le MELBOURNE SKA ORCHESTRA, c’est comme son nom l’indique un big-band australien qui fait du ska, pas à huit pas à dix pas à quinze pas à vingt, mais à trente ! Emmené par Nicky Bomba, percussionniste/batteur passé par le John Butler Trio et doté d’une section cuivres regroupant vingt musiciens, le MSO existe depuis 2003 mais n’avait jamais sorti d’album avant son disque éponyme de 2013 (sur Four/Four ABC Music) qui avait fait forte impression.

Des concerts, ils en ont donnés pas mal en Australie, notamment en accompagnant Dawn Penn, Stranger Cole et Carlos Malcolm. Il est même allé jouer aux USA et au London International Ska Festival.

Mais en 20016 c’est officiel: le deuxième album est dans la boite.

LE DISQUE : A la première écoute de ce « Sierra Kilo Alpha », on remarque que le Melbourne Ska Orchestra a mis un peu de côté ce qui le définissait sur le premier album: ce son ska-jazz version big band. Et dès l’entame avec « Escher », on part dans des ambiances vaguement reggae arabisantes comme on aurait pu en trouver sur du Busters deuxième période. C’est bien, très bien interprété, mais ça risque clairement d’en désarçonner plus d’un.

Si on s’aventure un peu plus loin sur « Funkchunk ! », titre découvert il y a déjà quelques semaines, on est toujours dans l’expectative, même si là c’est bien du ska mais à des kilomètres du son big-band, même si les cuivres sont omniprésents, et souvent pour le meilleur. Le son est gros, le son est ample, on sent que derrière il y a une gigantesque armada avec du coffre, mais c’est pas roots du tout, ni taillé pour les casinos d’Atlantic City comme ça avait pu être le cas par le passé avec par exemple le hit « The Best Things In Life Are Free ». Juste avant, « Sans Humanité » (en français dans le texte) ressemble, encore une fois, à du Busters. C’est revival, c’est cuivré, ça avance, et c’est pas ska-jazz pour un sou, avec un petit clavier vaguement calypso qui donne à l’ensemble un côté exotique, caribéen, plutôt très bien venu avec en sus des mélodies qui se retiennent fastoche.

En fait, si cet album est très différent du précédent, c’est aussi parce qu’il est très varié. « Sly Boots » continue dans le veine revival allemand façon Pork Pie Records, on pense à Skaos et au premier No Sports, à l’instar de « Stay Low » à la rythmique métronomique sans temps mort, comme s’il ne s’était rien passé entre 1991 et 2016. Certain crieront que c’est trop sucré, que ça manque de nuance et que la Jamaïque est bien trop loin, mais moi je signe des deux mains, car le son que le Melbourne Ska Orchestra nous sert ici, c’est (aussi) celui que j’aime.

Pour ralentir le tempo, les Australiens nous balancent « Bombay Detective », titre à ambiance de très bonne facture, et avec « Nothing In The Well », ils partent vers un plan reggae brumeux qui rappelle « Illinois State Police », l’un des excellents morceaux des… Busters !

On applaudit avec plaisir à « Solidarity Island Sway », mélange de reggae et de salsa qui trace un pont entre Melbourne et la Havane, bâtit avec beaucoup de savoir-faire par un groupe qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts (avec en plus une voix féminine particulièrement bienvenue), et on est absolument conquis par « Vespa Ska », un instru comme son nom l’indique 100 % pur ska, où rien, absolument rien n’est à jeter. Ça a de vrais airs de Tokyo Ska Paradise Orchestra, je sais, je fais du name-dropping, mais la comparaison est évidente. Et si comparaison n’est pas raison, force est de constater que le Melbourne Ska Orchestra confirme avec « Sierra Kilo Alpha » tout le bien qu’il faut penser de lui, d’autant plus qu’il a su sortir de sa zone de confort pour ne pas reproduire la recette qui avait fait le succès du premier opus.

Chapeau bas les Australiens. On vous attend sur le vieux continent quand vous voulez.

Vince

 

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