Rude Boy Train

SKAFERLATINE – Séries Noires Pour Nuits Blanches – Schnitz Prod

Skaferlatine @ Estivales - Flers, FranceUN PEU D’HISTOIRE : C’est en 1990 que démarre l’aventure SKAFERLATINE à Metz, à une époque où les groupes de ska en France se comptent sur les doigts d’un main. Le groupe écume les scènes de Lorraine et va très rapidement jouer en Allemagne toute proche. Le line-up change puis se stabilise autour de huit membres dont deux choristes qui donneront un style très particulier au groupe, notamment en concert. Skaferlatine ouvre pour des tas de pointures, Busters, Toasters, Special Beat, Selecter… et publie son premier album autoproduit, « En Piste », en 1993, avec un certain Spirou (Molodoi) à la prod.

Après un changement de chanteur-guitariste (Laurent s’en va, remplacé par Piero, auparavant au clavier), Skaferlatine publie en 1995 un second album, « En chantier », toujours autoproduit et tourne dans toute l’Europe de l’Est.

Le troisième opus, « Basta Basta », sort en 1997, avant quelques changements de chanteurs qui vont un peu déstabiliser les dernières années du groupe. Car en 2000 c’est décidé, le combo de dix ans d’âge met un terme à sa carrière avec deux concerts blindés à Metz et une compilation, « 1990-2000… 10 ans de Skaf… », sortie uniquement en vinyle sur NOCO.

Oui mais, c’était sans compter sur une discussion de comptoir qui douze ans pus tard entraîna une reformation de la troupe pour une dernière petite tournée histoire de se faire plaisir, avec presque tous les Skaf’ canal historique. Sauf que certains (Nico à la basse, Ralph à la batterie) se prennent au jeu et décident que l’aventure va continuer. Ils invitent donc  Youssef (trombone) et Nico (sax), deux gaillards qu’on croise du côté du Nancy Ska Jazz Orchestra ou de la Casa Bancale, à les rejoindre pour faire skanker la fosse, accompagnés par nouveau chanteur-guitariste nommé Olivier, qui jusqu’à présent jouait de la basse au sein de la Place du Kif (RIP).

C’est donc un quintet tout nouveau tout beau tout chaud qui lance une souscription fin 2015 pour financer le quatrième album de Skaferlatine, « Séries Noires Pour Nuits Blanches », qui sort à l’été 2016 toujours en autoproduction.

LE DISQUE : Ça faisait 18 ans que Skaferlatine n’avait pas sorti d’album. Il faut dire qu’au début des années 2000, pour moi comme pour tout le monde, Skaferlatine c’était de l’histoire ancienne. Et puis le groupe est reparti pour une tournée, et a décidé de continuer après avoir remanié le line-up de fond en comble. Et quand on a appris que Skaferlatine allait enregistrer un nouvel album, on s’est dit « super, mais qu’est-ce que ça peut donner avec  une nouvelle équipe, et notamment avec un nouveau chanteur ? » Des titres entendus en live avaient un peu annoncé la couleur (c’était il y a un an), et puis l’album est arrivé…

Et on est rassuré. D’abord sur ce « Série Noires Pour Nuits Blanches », on retrouve le style de Skaferlatine, toujours ska, toujours un peu rock, avec ce côté souvent fun qui est sa marque de fabrique depuis les concerts du début des années 90, avec les filles, les parasols et les cactus. Le contretemps est omniprésent, parfois rapide, parfois plus mid-tempo, mais c’est toujours du ska direct, sans trop de fioritures, avec un son forcément guidé par la simplicité de la formation à cinq (guitare, basse, batterie, sax, trombone).

Le disque commence par la chanson-titre que le quintet nous avait livrée au début de l’été, mais c’est « She’s My Rude Girl »  qui a d’emblée retenu mon attention. Car dès la première écoute, ce morceau se fait remarquer avec son style à la cool et cet apport de clavier parfaitement bienvenu pour donner à l’ensemble un son plus 60’s, plus roots. Car Skaferlatine c’est avant tout du rythme, de la vitesse, ce que confirment « On Y Va ! » et « Au Fond Du Van » qui s’impose rapidement comme un des très bons morceaux de Skaferlatine, du genre à reprendre en coeur en live, comme à la grande époque de « La Complainte du Marin » ou de « Cet Air Dans Ma Tête ».

« Chienne De Vie » juste après la joue plus tranquille avec un refrain tout en efficacité, bien accompagné par des riffs de cuivres qui ponctuent très habilement l’ensemble, et sur « Beat Of The Street » on reconnait à l’aveugle dès les premiers accords le style du groupe messin. Comme quoi, on peut changer les musiciens tout en gardant des compos totalement dans les clous.

On pense souvent à un autre quintet, Planet Smashers (notamment sur la très appréciable « Mourir de Rire »), pour la simplicité et la rapidité du son ska-rock, et sur certains morceaux, la voix rappelle celle d’un autre Pierrot, celui de la Ruda Salska (« Ma Valise »).

« Sunshine 90 » se la joue un peu « Délires Au Soleil », et on aime, et « 287 Ke(l)vin » qui ferme la marche n’est pas vraiment indispensable.

Evidemment la production n’est pas énormissime, mais Skaferlatine a su composer des nouveaux morceaux simples et efficaces, et tirer le meilleur parti de la formation réduite, avec en plus des paroles essentiellement en français vraiment pas mal écrites.

11 titres, 38 minutes de musique et 25 ans d’histoire pour confirmer une chose : le dernier album de Skaferlatine est cool.

Vince

 

 

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