Rude Boy Train

MIMI MAURA & LOS AGGROTONES – Stormy – Autoprod

L’image contient peut-être : 5 personnes, texteUN PEU D’HISTOIRE : LOS AGGROTONES on ne vous fait pas un dessin : c’est le putain de groupe de skinhead reggae argentin qui avait sorti il y a trois ans cette merveille de « 10 Reggae Hits » chez Una Isla Club Records avec une distribution Jewels par ici. Et en matière de side-projects, les mecs sont quand même du genre à te balancer dans les narines The Undertakers, rien que ça.

MIMI MAURA on connait un peu moins. La chanteuse est Portoricaine, donc quasiment Américaine, mais elle a passé une bonne partie de sa vie en Argentine où elle a rencontré Sergio Rotman, saxophoniste de Los Fabulosos Cadillacs et guitariste de Cienfuegos (avec qui elle est en couple). Elle s’intéresse très vite à la musique jamaïcaine et sur son premier album en 99 elle reprend notamment Alton Ellis et Phyllis Dillon. Avec Sergio Rotman, elle en sortira 13 autres, et notamment un « 63-68-74: Mimi Sings Reggae, Rocksteady & Ska » en 2004.

Mimi Maura + Los Aggrotones, c’est une association qui semblait donc évidente et que voici enfin pour vous mesdames, pour vous messieurs, sur « Stormy », un album de 1o titres qui reprend de la soul en y mettant du reggae et du rocksteady jusqu’à ras-bord.

UN PEU D’HISTOIRE : Une fois n’est pas coutume, commençons par le milieu de cet album, son ventre mou, sa partie la plus faiblarde, celle qui peut (parfois) nous pousser à appuyer sur la touche next.  C’est à la piste six que ça commence avec « If I Could Only Be Sure » et ses arrangements dub. Et là on vous rassure toute de suite : la partie faiblarde d’un album de Los Aggrotones, c’est le haut du panier pour la plupart des groupes, et ce morceau est finalement de bien belle facture. Juste après, « Baby Please Don’t Go » continue dans la même veine et réussit à satisfaire à défaut d’emporter une totale adhésion, parce que Mimi Maura, parce que le clavier, parce que la rythmique traînante mais toujours millimétrée.

Et voilà, il est terminé mon ventre mou, et « Running Out Of Fools » juste derrière, repart sur des rails parfaitement parallèles, avec encore ici ou là des relents de dub justement disposés pour ne pas importuner l’auditeur, avant une dernière ligne droite, « You’re No Good »/ »It’ll Never Be Over For Me » fichtrement bien gaulée. L’ambiance totalement vintage de la première, à mi chemin entre un film de boules (le solo de clavier) et une chanson de générique de James Bond (la voix, le style de Mimi Maura), et la classe rocksteady de la seconde, font très bien la blague sur un album dont la solidité est incontestable.

Mais si tout cela transpire la talent, autant attirer votre attention sur le début de l’album, car là vous allez voir ce que vous allez voir : « Ain’t Gonna Cry No More », empruntée à Timi Yuro et un pur hit parfaitement à sa place en ce début d’opus, avec une Mimi Maura au top de sa forme et toujours des notes de clavier absolument irrésistibles. « The Drifter » (Ray Pollard »), est elle aussi hallucinante de maîtrise, et là il faut bien convenir que si l’interprétation de The Aggrotones est grandiose, une partie du mérite revient aux auteurs des titres originaux qui avaient à l’époque plus que bien fait le job.

La reprise de The Jelly Beans qui arrive ensuite (« You Don’t Mean Me No Good ») est tout aussi obscure que les autres, mais la version skinhead-reggae ici présente n’a aucun mal à me convaincre qu’une bonne dose du génie mondial se situe de nos jours dans le secteur de Buenos-Aires. « Stormy » accuse un léger problème de justesse qui ne gâchera pas grand chose, et « As long As I Got You » des Charmels (compo d’Isaac Hayes quand même) me file, je dois bien l’avouer, un début d’érection à chaque écoute (pardon mesdames).

Fouiouiouille, ce groupe-là est un pur groupe de tueurs, et quand ils se payent une chanteuse d’un tel calibre, ça donne une merveille d’album à mi chemin entre rocksteady et reggae comme y a pas grand monde capable d’en pondre sur terre en 2016. C’est vrai qu’ils sont bien servis par des auteurs pas tout à fait manchots, mais les Aggrotones ont déjà prouvé par le passé que côté compos non plus, ils n’avaient peur de personne. On attend la suite avec impatience.

Vince

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