Rude Boy Train

HANNAH WILLIAMS & THE AFFIRMATIONS – Last Nights and Heartbreaks – Record Kicks –

UN PEU D’HISTOIRE : HANNAH WILLIAMS, c’est la chanteuse soul de Bristol. On entend régulièrement parler d’elle depuis le début des années 2010, et c’est avec THE TASTEMAKERS qu’elle avait sorti un 45 tours en 2011, puis un album en 2012 (« A Hill Of Feathers »), et split avec en face Susan Cadogan et les Argentins de The Crabs Corporation. C’était en 2013 chez Record Kicks.

C’est encore avec Record Kicks, l’un des meilleurs labels européens, qu’elle a publié fin 2016 « Late Nights & Heartbreaks », son second opus, mais cette fois avec THE AFFIRMATIONS. Et la qualité n’a pas baissé d’un millimètre, c’est le moins que l’on puisse dire.

LE DISQUE : A priori la soul un peu funkysante d’Hannah Williams n’est pas celle que je préfère. J’apprécie quand c’est rapide, quand c’est fun,  enjoué comme chez The Tibbs, chez Trambeat ou chez Marta Ren & The Groovelvets.

Sauf que là, je dois bien reconnaître qu’on a affaire à une artiste qui sait de quoi elle parle, et qui sait surtout comment faire pour bien chanter, avec derrière un groupe pas tout à fait manchot.

Et c’est avec du solide, du très solide, que commence cette belle affaire avec « Tame in the water », impeccablement chantée, impeccablement interprétée, avec de la profondeur, du coffre, pas mal d’intensité, et une production propre et nette. On sent ici qu’il y a du métier,  de la suite dans les idées et l’atmosphère plutôt sexy  comme la puissance  des cuivres nous donnent un peu de baume au coeur en cette période de grands frimas.

C’est pas sur « Dazed and confused » que ça va jouer moins carré, loin s’en faut. C’est encore assez mid-tempo, et la gratte omniprésente avec ses riffs acérés est finement accompagnée par une section cuivres parfaite et une rythmique chiadée qui a décidé de jouer en zig-zag sans se prendre les panards dans le tapis.

C’est déjà plus northern soul sur « Fighting Your Shadow » et je signe des deux mains parce que ça mesdames messieurs, c’est de la bombinette avec zéro défaut, et on repasse dans des ambiances beaucoup plus vintage sur « Woman got soul », avec son clavier 70’s comme dans un film de Gordon Parks. Beaucoup de calme sur la chanson titre, c’est presque du jazz, tout comme sur « In your arms ».

Tout cela est finalement assez varié, toujours impeccablement interprété, et Hannah Williams est une chanteuse absolument prodigieuse.

Je craque à chaque fois que j’écoute « Still in my head », cette finesse, cette voix gigantesque (même si avec ses huit minutes, la chanson a tendance à tirer un peu sur l’élastique), et l’instru « 7 am to Seville » est incroyable de maîtrise et de puissance de feu.

Il m’a fallu plusieurs écoutes de cet album pour m’en rendre réellement compte mais il faut se rendre à l’évidence : c’est l’un des meilleurs de 2016.

Vince

 

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