Rude Boy Train

THEE HURRICANES – Come Reggae With… – Angel City Records

UN PEU D’HISTOIRE : A Los Angeles, la scène des musiques vintages comme la soul, le ska ou le rocksteady a toujours été une véritable fourmillière. Quand, à la fin  des années 2000, Mark Morales, disquaire et dj local, et occasionnellement promoteur de concert recherche un backing band pour produire un live de Gwen Owens, on lui présente  Wally Caro, ancien guitariste et compositeur de Mobtown, et  le feeling passe immédiatement . Leur passion commune pour toutes ces musiques des années 60 les unis et ils multiplient alors les soirées avec des artistes soul comme Brenda Holloway ou de vieilles gloires Jamaïcaines comme les Gaylads ou les Tennors.

Ils créent alors le label Angel City Records avec l’idée de produire plusieurs talents prometteurs qu’ils ont repéré, comme Xiantoni Ari, Xavier Lynch ou Jackie Mendez, en se servant de l’aura de leurs invités toujours plus prestigieux, comme Derrick Harriot en 2013, pour les mettre en lumière.

Les concerts se succèdent et divers musiciens tournent en backing… des affinités se détachent… Brian Dixon très actif avec son studio Volcano Lounge est contacté produire les futurs enregistrements. Le Clavier Dan Boer et Scott Abels sortent de l’enregistrement de l’album de Jimmy Cliff sous les ordres de Tim Armstrong et se joignent à l’ancien bassiste de Mobtown, Jeff Govan et au guitariste Zac Pike à l’occasion de la venue de Roy Ellis… Ca tourne bien rond et les zigues enregistrent même 4 titres, deux instrus et deux compos qui sortent en 45t pour le label, mais ils n’ont pas encore de nom à mettre a coté de celui de Roy Ellis! Ce sera Thee Hurricanes. C’est dans la même formation qu’ils enregistreront le premier LP , « Introducing… »,  de Jackie Mendez.

Pendant que les patrons du Label de LA nous font découvrir leur nouvelle pépite, les Delirians, ce sont les musiciens des Hurricanes, à l’exception de Jeff Govan suppléé par Chiquis Lozoya, qui accompagnent le fabuleux travail de compo de Jr Thomas pour l’enregistrement de « Beware » en 2015, enregistré chez Brian Dixon… Il le suivront d’ailleurs pour sa tournée sur le vieux continent.

Pas fachés pour deux sous, les deux parties continuent de collaborer allègrement, l’un devenant le groupe studio officiel du second. C’est donc tout naturellement que la formation accompagne Xiantoni Ari et Jackie Mendez pour la dernière tournée Européenne de l’Angel City Records Review qui vient de s’achever et qui a donné, comme on a pu vous en parler ici, dans le grand spectacle.

LE DISQUE :  Comme pour appuyer encore un peu plus l’hommage à leurs illustres ainés, on a plus a faire ici, comme à la grande époque du pressage de 45t à la tonne, à une compilation des premiers enregistrements de Thee Hurricanes qu’à un véritable album.

9 titres, pas un de plus, probablement sortis sur support physique juste pour satisfaire les aficionados présents tout le long de la dernière tournée par chez nous… Mais  on ne va pas s’en plaindre ! Car même si les deux premiers titres qui ouvrent ce « Come Reggae With » sont les deux instrus déjà entendus sur la version US du 45t sorti avec Roy Ellis, la recette magique, dont Brian Dixon n’a pas oublié de faire une copie en quittant les Aggrolites, fonctionne à plein pot : prenez des rythmiques aux orientations  early reggae parfois teintées d’une touche de funk,  assurés par un bassiste intraitable, un guitariste métronomique et un batteur qui claque de la caisse claire comme personne, ajoutez y deux solistes hors pairs qui vont saupoudrer tout ça de tout un tas d’harmonies inspirées et vous voilà avec un « The Phantom » où le doux sifflement de l’orgue n’a que d’égal le roucoulement du piano et un « Category 5 » où Zac Pike fait le show faisant surfer sa guitar sur des vagues de claviers de haut vol…

Juste derrière, « East Side Gate » est un pur funk aux arrangements de cloche obsédants et à la guitare acérée, du genre qu’aurait pas fait tâche sur la BO d’un film de la blaxploitation.

On trouvera bien un truc à redire sur  « The Eye » qui semble ne jamais vouloir décoller, la tête dans le brouillard… Peut-être pour un jour de cafard ?

Mais pour le reste, je vous garantis qu’il vous sera bien difficile de ne pas balancer de la tête aux écoutes de « King Of The Coast » ou « Boer’s Mood » , aux saccades rythmiques parfaites et aux harmonies foisonnantes, révélant encore ses secrets après plusieurs écoutes…Le plus reggae « Tribute To Adolphus Dacres » à la basse plus lourde, n’est pas en reste et est à ranger lui aussi du coté des réussites…

Et puis il y le bonheur de ces deux featuring de standing avec tout d’abord l’explosif harmonica de Charley Organaire, parfaitement soutenu par une guitare bluesy, qui fait des merveilles sur le funky « Windy City Rock » pour une pure tuerie. Et comment ne pas fondre devant ce bonbon parfait qu’est ce  « All Night Long » ? Les voix somptueuses de Roy Panton et Yvonne Harrison, toujours verts, se carressent le long d’une mélodie lumineuse aux notes de piano limpides, pendant  3 minutes et quarante secondes de bonheur musical.

Alors si tout n’est pas parfait ici ou là, Thee Hurricanes viennent nous prouver qu’il ne sont pas qu’un  backing band de classe et ce «Come Reggae With» vient,  avec une facilité déconcertante,  nous fournir une bonne rasade d’un reggae vintage comme en en fait trop peu, celui des Mittoo, Lynn Tait ou autres Upsetters. Des skeuds comme ça, il en sort une grosse poignée chaque année, Il serait de mauvais ton de bouder son plaisir !

Bronsky.

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