Rude Boy Train

THE DELIRIANS – Mezcla De Mùsica Y Amor – Angel City Records

UN PEU D’HISTOIRE : C’est à Los Angeles que démarre en 2007 l’aventure DELIRIANS. Au départ les fesses entre punk et ska, le combo se spécialise en sons jamaïcains, creuse du côté du bluebeat avant de lorgner sérieusement vers le reggae à bretelles.

Le groupe se fait une réputation en Californie, et publie un 45 tours sur Steady Beat Recordings en 2011, puis un autre la même année sur Moondust.

Il autoproduit un ep cinq titres en 2012, et en 2014, c’est le label naissant de la cité des anges, Angel City Records, qui publie leur premier album, « Get Up ! », composé de dix morceaux.

Le groupe vient jouer en Europe avec Xavier Lynch et avec Jackie Mendez début 2016 pour une Angel City Records Revue qui parait-il fut assez grandiose. 

A l’occasion du retour sur le vieux continent du groupe de L.A, accompagné de sa section cuivres et se ses potes de Steady 45s, il nous ramène un nouvel ep tout juste sorti sur Angel City Records, avec un certain Roger Rivas à la production…

LE DISQUE : Ces temps-ci, la France du ska, du rocksteady et du skinhead reggae, compte une horde de thuriféraires des Delirians et de leurs acolytes de Steady 45s. Les groupes sont cousins, proposent un son calme, à l’ancienne, parfois chanté en espagnol (ils sont tous latinos), pas forcément dans le style qu’on attend dans cette partie de la Californie qui s’était plutôt fait connaître avec les fous-fous ska-punk d’Orange County. Mais ça, c’était avant The Aggrolites, et avant Angel City Records.

On nous fait donc des gorges chaudes de ces deux combos mais je dois bien avouer que moi, je ne suis pas particulièrement sensible à leur « génie ». Le premier Delirians était pas mal, et le premier Steady 45s était à l’avenant, mais franchement je trouve que ça ne supporte pas la comparaison avec un Aggrolites, un Hepcat, ou pour parler de quelque chose de plus actuel, un Jr Thomas & The Volcanos.

Après ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Il y a aussi chez ces deux-là pas mal de talent, un vrai amour du son jamaïcain vintage, et j’imagine que c’est en live que ça se déploie le mieux.

Pour cet ep, les Delirians ont pondu cinq titres, dont un se détache assez nettement: « I Really Love You », c’est du pur travail d’orfèvre, avec une rythmique tout ce qu’il y a de plus langoureuse, une voix lead impeccable et des backing vocals juste où il faut, juste comme il faut. C’est plein de feeling, le songwritting est excellent avec ce refrain qui tombe pile, mais… ça n’est pas une compo, mais une reprise d’un titre soul 6O’s de Dee Dee Sharp. Le mérite est donc à partager.

Derrière, « If You Need Me » est un reggae plutôt bien balancé, suivi de près par une « Ya No Estas » (dans la langue de Cervantes donc) plutôt roots, calme, toujours parfaitement chantée, bien arrangée avec ce qu’il faut de finesse et de sens du groove. Et en sus un solo de sax de toute première bourre.

« You Don’t Love Me (Like I Do) » fait dans le pur skinhead reggae, et c’est du propre, du maîtrisé de A jusqu’à Z, et en enfilade « Treat You Right » fait bien le job, dans un registre toujours très lover, car comme vous avez pu le constater, ça parle beaucoup d’amour du côté du gang de Los Angeles.

Il est bien cet ep. On a affaire ici à des gaillards qui savent jouer, qui ont du feeling, et qui veulent partager avec la terre entière leur amour pour la musique jamaïcaine. Sauf qu’il leur manque encore ce tout petit supplément d’âme, cette touche d’originalité, cette petite patte perso qui séparent les très bons des génies. Et honnêtement, des ep de ce niveau, Liquidator en publie trois ou quatre chaque année (Smooth Beans en tête). Mais ça n’est pas de la faute des Californiens si de l’autre côté des Pyrénées le niveau est aussi élevé…

Vince

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