Rude Boy Train

Danny Rebel & The KGB – Lovehaus – Stomp Records

UN PEU D’HISTOIRE : Ca fait pile poil dix ans que DANNY REBEL et ses potes du KGB se sont formés à Montréal. Le quintet fait dans le son jamaïcain, tout le son jamaïcain, avec du reggae, du rocksteady, du ska et plus si affinités. Après des morceaux sur les compiles « All-Skanadian Club », le combo avait sorti son premier LP, « Blastoff », en 2012 chez les voisins de Stomp Records.

Pas tellement de nouvelles depuis, si ce n’est la publication l’année dernière des « Boombox Sessions » en cassette, avec dessus 10 morceaux enregistrés live en studio et en acoustique.

C’est avec une certaine curiosité qu’on a appris que le groupe venait de publier un second album sur Stomp Records, « Lovehaus », disponible pour le moment uniquement en téléchargement. Le disque a été entièrement mis en boîte dans le studio/appart de la bande (le Lovehaus donc) à l’été 2016 puis à l’hiver 2017. C’est ce qu’on appelle du Do It Yourself.

UN PEU D’HISTOIRE : J’aimais plutôt bien « Blastoff », l’album précédent, mais là c’est évident que Danny Rebel et son KGB ont monté le niveau de deux crans. Difficile de dire à quoi c’est dû, de comprendre d’où vient cette inspiration. Est-ce à force d’écouter les génies New-Yorkais de The Frightnrs ? Est-ce la proximité géographique avec les excellents Beatdown ?

Toujours est-il que ça envoie du lourd dès l’entame « I Got A Feeling », une titre early reggae qui porte bien son nom parce que bordel, c’est ce qu’on appelle un groupe qui a du feeeling. C’est simple, ça se la raconte pas, c’est superbement chanté, et alors rythmiquement le truc est juste ultra en place. Ca breake parfois à la limite du dub ou du ragga et c’est toujours maîtrisé, et même que la dernière ligne droite est de toute beauté.

Dans la foulée, « 200 Proof » est un mini chef d’oeuvre qu’il faut aller écouter d’urgence. C’est une base de ska sur laquelle viennent se greffer des éléments plutôt soul, mais avec des tas d’arrangements qui donnent à l’ensemble un côté rock absolument irrésistible. Génial. C’est juste un pur plaisir d’entendre un truc pareil.

Je parlais des Frightnrs et forcément, quand on écoute « I Apologize », la finesse du chant et de la partition, on ne peut qu’y penser. Quand j’entend ça, je m’imagine avec l’équipe de Brooklyn dans leur appartement à Noël, lorsqu’ils avaient enregistré cette superbe session avec en featuring pas mal de monde, et notamment les potes Anglais de The Skints.  Voilà, j’ai cité ce qui se fait de mieux, de plus actuel dans la scène d’aujourd’hui, et c’est à ça que ressemble Danny Rebel & The KGB. Donc si vous n’êtes pas convaincus, retourner écouter vos vinyles de Treasure Isle en pensant que les vieilles gloires sont immortelles.

Sans être exhaustif, on vous dira qu’il y a quelque chose de clashien derrière « Steady Hands » et sa belle couche de clavier, que « Take Me Away » est un paragon de finesse reggae avec des choeurs comme chez les Gladiators, qu’on aime le côté nocturne, presque dépressif de « Pirates », et que quand ça accélère comme sur « Copper Mountain », tout en gardant la base skinhead reggae, on applaudit des deux mains et se disant qu’on tient là un sacré bon album d’un sacré bon groupe que personnellement je n’attendais pas à un tel niveau.

On s’incline, on salue. Chapeau bas Danny Rebel.

Vince

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