Rude Boy Train

Rude Boy Train’s Classics – GENERAL RUDIE – Take Your Place (Stomp Records/2004)

« Rude Boy Train’s Classics », c’est une série de chroniques d’albums qui ont marqué l’histoire du ska, du rocksteady ou du skinhead reggae. Standards objectifs reconnus par le monde entier ou chefs d’oeuvre personnels qui hantent nos jardins secrets, la rédac de Rude Boy Train vous fait découvrir ou redécouvrir ces albums majeurs qui méritent d’avoir une place de choix sur vos étagères ! Rendez-vous le premier vendredi de chaque mois…

 UN PEU (BEAUCOUP) D’HISTOIRE : GENERAL RUDIE, c’est toute une partie de la scène de Montréal, et c’est en 1997 que ça commence. Le groupe emmené par Phil Dixon ou chant et au sax envoie un ska pêchu parfait pour les compiles « All Skanadian Club », et écume tous les bars du coin historie de faire danser la belle province. En 2000, il ouvre pour les Skatalites, publie son premier ep, « The Green Light Sessions », et passe par Toronto notamment au festival de Jazz et au festival Ska Ska Oi! organisé par l’Anti Racist Action.

Son premier LP, « Cooling the mark », sort en 2001 sur Stomp Records, incontournable label de Montréal et le groupe partage (forcément) la scène avec les Planet Smashers de Matt Collyer. Le combo se produit essentiellement au Canada et il ne traversera jamais l’Océan Atlantique pour venir nous claquer une bise.

General Rudie publie son second album , « Take Your Place », en 2004 toujours sur Stomp Records. Ce disque sera malheureusement le dernier, le groupe décidant de débrancher les micros en 2006 après une courte tournée d’adieu.

Au cours de l’été 2014, General Rudie redonne une poignée de concerts avec le tromboniste des Planet Smashers venu en renfort. Rien depuis. On a croisé des membres du groupe au sein de The Fabulous Lolo, la formation de Lorraine Muller (Kingpins).

LE DISQUE : M’est avis que cet album-là, vous n’êtes pas très nombreux à l’avoir dans votre collection. Le mien, je ne sais même plus où je l’ai chopé, mais je me souviens que c’était une époque où la scène canadienne, que dis-je, la scène québécoise, était foisonnante. C’était la première moitié des années 2000, les Kingpins tournaient boucle dans ma voiture, et dans la boutique Stomp Records de la rue Saint Denis (celle de Montréal), j’avais découvert « Cooling The Mark », le premier skeud du groupe de l’autre Dixon.

Et si le premier opus était fort sympathique, il ne tenait pas la comparaison face à ce « Take Your Place » de toute première catégorie. Le début de l’album, avec le single « Shelter », ska-rock aux accents soul bien comme on aime est ultra catchy. Ca vous saisit, ça vous enlace, ça vous trotte dans la tête pire qu’une envie de Red Stripe au sortir d’une longue séance de skank. Il y a là-dedans à peu près tout ce que j’aime dans le ska : une voix simple mais parfaitement adaptée à la situation, un sens de la mélodie imparable, de l’énergie en veux-tu en voilà, et une intensité qui vous emporte à la première écoute.

En enfilade « Step Lightly », plus 60’s, toujours parfaitement chantée, superbement orchestrée avec ce trombone par derrière tout en discrétion, est impeccable pour prendre le relais avec style. Le solo de clavier est superbe, le titre très bien construit avec ce qu’il faut de montées, de descentes et de breaks, et toujours un maximum de finesse dans l’interprétation. « Prizefighter », dans un style proche, enfonce le clou du talent. Là-encore ça sursaute et ça sautille avec légèreté, et quand General Rudie change le tempo est se la joue raggamuffin, ça donne un « Listen This » implacable, superbement cuivré, avec un phrasé qui tue et une rythmique métronomique qui claque comme chez les meilleurs de Kingston. Classe.

« Risky Business » ramène un peu de calme et de coolitude – c’est parfaitement arrangé – et « Payback » revient au pur son General Rudie de 2004, reconnaissable entre mille. Je signe des deux mains, j’acquiesce et je confirme : « Take Your Place » est un pur album.

La seconde moitié du disque ne va accuser aucune baisse de régime, avec un « Danger Cat » intense, un « Blame yourself » aux faux airs de vieux Slackers, un « Dynamite » chargé comme son nom l’indique d’énergie jusqu’à ras-bord, un « Failure » au refrain qui donne envie de chialer et un « Addicted » de toute beauté.

De quoi nous faire regretter amèrement que le sextet ait décidé de raccrocher les gants alors qu’il avait encore tellement à nous raconter.

Vince

 

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