Rude Boy Train

THE MAGNETICS – Jamaican Ska – Get Up/Self

UN PEU D’HISTOIRE : The Magnetics, c’est tout chaud tout beau et ca nous vient «diretto dal’Italia »… Ces cocos-là ne sont pas pour autant  tombés de la dernière pluie, Olly Riva et Mr Massa étant des membres de la première heure du groupe ska-core tendance punk Shandon, dont la carrière s’éteint en 2004 après près de 10 ans de succès… Le groupe réapparaît en 2012 pour quelques concerts à l’occasion de la sortie d’un best-of, et se reforme même en 2015.

Mais les envies de Mr Olly sont plus roots, et c’est accompagné des Soul Rockets, où l’on retrouve à la batterie l’infatigable Ferdinando Masi, fidèle compagnon de Mr T-Bone (que ce soit au sein des Bluebeaters ou de ses Uppertones),  qu’il se produit régulièrement depuis quelques mois, sur des tempos allant du bon vieux rock’n’roll à la soul.

C’est d’ailleurs avec un de ses autres membres, Jack Giacalone, accompagné par un quatrième larron, Dimitri Pugliese,  extrait de son groupe reggae Raggavibes, que les deux ex-Shandon s’accoquinent pour monter une formation aux objectifs clairement trad jamaïcain.

The Magnetics ainsi formés, ils jouent depuis le début de l’année ensemble et c’est en ce beau mois de septembre que sort en version vinyle+CD, s’il vous plait, le simplement nommé « Jamaican Ska »

LE DISQUE : Avec ce premier « Jamaican Ska », les Magnetics viendront à coup sûr prendre bonne place dans nos révélations de 2017. Car dès l’intro de ce « Baby Come On », on comprend qu’on va se régaler, avec cette caisse claire qui roule, ce piano vintage et cette guitare sixties, tous les ingrédients qu’on aime ici. La voix de Mr Olly se révèle parfaite d’équilibre entre couplets feutrés et refrains puissants et les chœurs, à la touche très italienne, penchant Bluebeaters,  viennent palier plutôt habilement l’absence habituelle de cuivres sur ce genre de zique.

Confirmation, avec le boogie « Money, Money », qu’on avait pu déguster en video dès cet été en guise de mise en bouche, ça maîtrise dans le genre  son sixties qui fait bouger les popotins… Et si ça joue souvent simple, ça joue grave ! On oublie vite sur des ska de l’acabit  de « Cry To Me », qu’ils ne sont que quatre bonhommes derrière un son pareil… Y’a pas à tortiller, on n’a pas entendu plus efficace que l’excellent ska pop « Dr. Marteens »,  avec son Hammond sautillant juste relevé d’un trait de xylophone tip-top, depuis The Pomps.

On aimerait tout de même parfois un poil plus de sobriété dans les arrangements vocaux comme sur ce « King Kong Girl » un peu trop sucré quoique restant sympathique… On lui préférera par exemple le quasi parfait « Dark Shadow » où le groupe semble flotter sur un nuage ou bien « Hey Mary » avec son refrain imparable et son solo de guitare tranchant. Sur un truc aussi casse-gueule qu’une cover  du très folklorique « Nel Blu Dipinto Di Blu », « Volare » pour les intimes, ils relèvent  aussi facilement le défi que des Bluebeaters de gala, la touche italienne sans aucun doute.

Il y a aussi quelques beaux passages plus sombres au beau milieu de toutes ces effusions de joie, comme l’ombrageux ska « Put Your Gun Down », électrisant, ou bien le reggae « Candy Man » qui se pose là avec ses claviers et sa guitare qui se la jouent « Ghost Town ».

Et quand ça verse dans l’early-reggae, c’est non sans une certaine grâce qu’ils viennent piétiner les plates-bandes des Volcanos de Brian Dixon, dont les arrangements parfaits ne semblent pas être tombés dans des oreilles de sourds. Résultats, deux titres subtils et délicieux  « Fix It » et « My,  Oh My » qu’on dirait tout droits débarqués de Californie.

Ce sont pourtant bien « The Magnetics »  qui viennent,  en douze titres carrément bien gaulés, à la prod puissante, de nous balancer un des albums les plus immédiats de l’année… Gageons qu’il résistera bien à l’usure des écoutes… Je serais bien tenté d’y croire.

Bronsky

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *