Rude Boy Train

SOWETO – Turn On The Music Again – Liquidator Music

UN PEU D’HISTOIRE : Barcelone, l’Espagne, la Catalogne, les émeutes, les musiciens qui se prennent des coups de matraques… Comme vous le savez, l’Espagne est la nouvelles patrie du ska et du son jamaïcain depuis pas mal d’années, et Barcelone en est une place forte.

A Barcelone, on trouve SOWETO, un groupe qui a largement fait ses preuves et qui mine de rien envoie du lourd depuis bientôt vingt piges.

Après un premier 45 tours tardif en 2007 chez Silver Bullets, le groupe a publié deux albums : « You Give Me Fever » en 2008 chez Brixton Records, puis en 2011 « South West Town » chez les mêmes. Avec à chaque fois une édition vinyle chez les Bretons de Red Head Man.

On a donc dû attendre pour le troisième opus mais le voilà, et cette fois c’est chez Liquidator Music.

LE DISQUE : On a aimé les deux premiers albums de Soweto alors on ne va pas faire les fines bouches. On aime aussi celui-là. Pourtant, à la première écoute on se dit que c’est classiquement ska 60’s et qu’à priori c’est un nouveau Soweto sans trop de surprises. Et c’est pas tout à fait faux. On ne va pas se mentir, ces Espagnols-là aiment le son classique et ne cherchent pas vraiment à révolutionner le genre. Mais finalement à quoi bon tenter de révolutionner quoi que ce soit quand on est doué pour le classicisme ?

Classique, l’entame l’est. Très. Mais « Catch This Train »,  efficace à défaut d’être renversante est surtout  extrêmement bien chantée.  Comme d’habitude. Derrière, l’instru « Don In The Arena » s’en sort pas mal mais on ne dira pas non plus que c’est transcendant.

C’est avec « Smile » qu’on monte le niveau d’un cran. Ca chaloupe, ça gigote, ça tortille du fion, ça donne foutrement envie de danser, et surtout y a de l’énergie, tout en restant plutôt finaud, parce que du côté de Soweto on ne sait pas tellement ce qu’est la balourdise.

Quand on écoute « Don’t Look Back », on pense vraiment aux ancêtres du vieux ska, Blues Busters, Eric Monty Morris et compagnie, et on reste dans de l’assez haut niveau avec « Fire In Me Wire ». Juste après, « Don’t Slam The Door », l’un des meilleurs titres du disque, ressemble à s’y méprendre à une prod de Byron Lee d’il y a pas loin de 60 ans (on pense à « Sammy Dead' »). Les mauvaises langues diront qu’on est proche du plagiat. Moi je m’en fous et j’apprécie. Tout simplement.

Le reste du skeud est à l’avenant: y a rien à jeter, c’est efficace, ça remplit parfaitement le contrat, mais on pourra quand même trouver qu’il manque le petit supplément d’âme qui fait que par exemple, le dernier Aggrotones était tranquillement un cran (voire deux) au-dessus.

La (petite) surprise arrive en conclusion : « Last Duel In Ok Corral », instrumentale, fait dans le trip western, comme chez Los Aggrotones justement, ou comme dans les productions top niveau qu’El Paso Records nous balance dans les esgourdes ces derniers temps. C’est classe, ça finit parfaitement ce « Turn Your Music Again » sans prise de risque, mais avec ce qu’il faut de bonnes vibrations pour nous donner envie d’y retourner. Et de voir ce que ça donne sur scène.

Vince

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