Rude Boy Train

NICOLE WILLIS & UMO JAZZ ORCHESTRA – My Name Is Nicole Willis – Persephone Records

L’image contient peut-être : 1 personne, texte et gros planUN PEU D’HISTOIRE : C’est à Brooklyn que naît NICOLE WILLIS il y a quelques décennies. Bourlingueuse, elle a beaucoup vécu et Europe, et elle habite depuis pas mal d’années à Helsinki (Finlande).

Sa carrière musicale démarre en 1983, mais son premier album ne sort qu’en 1995. Nicolle Willis fait dans la soul, la vraie, agrémentée ici ou là de jazz, de funk et parfois de disco.

On la connait surtout depuis le milieu des années 2000 et sa collaboration avec The Soul Investigators, groupe finlandais dans lequel on retrouve notamment Jimi Tenor avec qui elle a été mariée pendant une quinzaine d’années.

Pour son nouvel opus fraîchement sorti, Nicolle Willis se fait accompagner par l’UMO JAZZ ORCHESTRA, énorme big-band d’Helsinki de plus de quarante ans d’âge dans lequel on retrouve notamment… Jimi Tenor.

LE DISQUE : Jusqu’ici je n’avais jamais tellement creusé du côté de la soul de Nicolle Willis, et sans déconner, je le regrette amèrement. J’ai perdu du temps. Mais il n’est pas trop tard pour y remédier.

Pour son premier album avec l’UMO J.O, la chanteuse de Brooklyn a décidé de mélanger des nouveautés et quelques titres issus de ses efforts avec les Soul Investigators.

L’entame sobrement intitulée « Introducing » est très jazzy, très ouatée, taillée pour un club de Harlem. « Break Free », juste après, fait dans l’hyper soul comme j’aime.  La voix est excellente, c’est évidemment la qualité première du disque, et l’orchestration pléthorique donne à l’ensemble un coffre, une puissance, qu’on ne percevait pas tout à fait dans le version originale.

Et à partir d’ici, le disque va effiler les perles.  Car « Haunted By The Devil », calme mais intense, superbement ponctuée par une section cuivres hors pair avec juste derrière, tout en discrétion, une guitare solo de toute première bourre, a des allures de chef d’oeuvre qui n’aurait pas juré en ouverture d’un James Bond seventies avec Roger Moore et des cols pelle à tarte. C’est hallucinant de finesse et de feeling, solide comme le torse de Dwayne Johnson et aiguisé comme un low kick de Bruce Lee.

Avec « One In A Million », la crooneuse revient à un peu plus de gaieté, avec toujours le même niveau d’intensité, et c’est juste impeccable de maîtrise, de style et d’élégance. Pour la danse, on s’arrêtera volontiers sur « (Everybody) Do The Watusi », avec toujours cette très impressionnante section cuivres capable de se mesurer aux Californiens de Western Standard Time, rien que ça.

« No Child Denied », jazz, ralenti le tempo et propose quelques minutes de respiration nécessaires au milieu d’un album qui envoie du lourd, mais jamais du balourd, et « Together We Climb » continue dans une veine assez proche, mais en beaucoup plus soul, avec quelques riffs cuivrés d’avant refrain qui sont à tomber à la renverse. L’UMO J.O fait dans la dentelle de haute précision et franchement, on peut dire de Nicolle Willis est ici servie par une bande qui a le niveau de Dap-Kings de Sharon Jones, tout simplement.

La dernière ligne droite du disque, un chouïa moins bien (malgré la superbe conclusion que constitue « Still Got A Way To Fall »), ne parviendra pas à atténuer le sentiment de classe, de plénitude et de satisfaction qu’on ressent après s’être mis tout ça dans les esgourdes.

Son nom est Nicolle Willis, et son nouvel album est absolument indispensable.

Vince

 

 

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