Rude Boy Train

Erin Bardwell Collective – Great Western Reggae Soundclash – Pop A Top Records

UN PEU D’HISTOIRE: C’est en 2003 à Swindon (entre Londres et Bristol) que se forme le Erin Bardwell Collective. Véritable collectif, comme son nom l’indique, le groupe gravite autour de la personnalité du fondateur Erin Bardwell. Compositeur, DJ, claviériste et chanteur du groupe il est un vieux routard de la scène ska des années 90 (membre fondateur des Skanxters, More Specials).

En 2003 Erin décide de sortir son premier album sous son propre nom « The Erin Bardwell Collective Vol.1 » sur son propre label Pop-A-Top Records. L’idée de collectif prend alors tout son sens puisque c’est tout un panel de musiciens et amis qui se joignent à lui pour la réalisation de ce premier LP. Dans la continuité du premier opus le groupe sort en 2006 le volume 2 puis en 2008 le volume 3 du projet initial.

Après de nombreux concerts et un line up des plus changeant avec notamment la collaboration de Neol Davies le guitariste des Selecter, le groupe se stabilise en 2012 à l’occasion de la sortie de l’album « Bringing The Hope » toujours sur le label maison. C’est désormais 4 musiciens Sandra Bell au chant, Pete Fitzsimmons à la basse, Pete O’Driscoll à la batterie et Eddie Frankis à la guitare qui accompagnent Erin et son clavier. A noter également deux participations remarquées sur compilations Specialized pour la lutte contre le cancer chez les enfants avec un cover de The bEAT « Which Side Of The Bed » sur le volume 2 et un cover de Madness « Wings Of A Dove » pour le volume 3.

L’année 2014 marque la sortie, sur le label maison, de l’excellent LP « Our Time » qui reste probablement l’album le plus abouti du combo de Swindon, suivi en 2016 de Sleepwalkers, d’un projet plus personnel d’Erin avec son pote de toujours Dean Sartain l’ancien bassiste des Skanxters Dean Sartain.

LE DISQUE: Comme évoqué dans nos colonnes depuis janvier dernier l’album se compose de divers EP (Platform Yellow, Red, Brown & Green ) dont les morceaux, une fois rassemblés, viennent former l’ossature de ce  « Great Western Reggae Soundclash »! Véritable saga donc, qui se présente comme un 2xLP avec ses 16 titres et son line-up habituel comme vu plus haut.

Premier constat l’album fait la part belle aux claviers d’Erin Bardwell et c’est une excellent chose. Entre reggae, rocksteady et ambiance dub la recette est donc bien connu et ce nouvel album ne dérogera pas à la règle. Quelques nouveautés cependant comme la présence de cuivres parfaitement servis par le SN Dubstation notamment sur l’excellent « Rocksteady Rub » ou la voix de Sandra Bell vient accompagner celle de Pat Powell (Melbourne Ska Orchestra) dont la présence en guest de luxe apporte une vraie touche d’originalité à l’album. Avec « Change » et « Big Bad Boom » le combo enfonce le clou d’un rocksteady aux sonorités parfois dub. Avec « Why Why », qui correspond au premier titre du volume Yellow de l’album on ouvre une nouvelle page avec des sonorités nouvelles et originales comme les Tablas sur Why Why et These Walls ou le basson de Sonya Beale sur l’excellent « Edith New » histoire de rendre hommage à la suffragette de Swindon. A noter la participation de Neol Davies (The Selecter) et Dave Clifton (Original Hotknives) sur « Best News of The Year », de Matty Bane (Neville Staple Band) et de Jase Hill sur le déroutant « These Walls ». Avec « It’s No Lie » on donne dans un ska plus dynamique ce qui n’est pas pour nous déplaire.

On enchaine avec « Dominica » premier titre de l’EP platform Brown « Eight Years », « Waiting for Conversation » et « Backward Step » avec un retour vers des classiques reggae/rocksteady du combo accompagnés par le Nostalgia Steel Band et ses steels drums dont j’avoue ne pas toujours gouter les sonorités. Le titre « Night Bus to Highworth » reste une énigme ! Sorte de ballade nocturne envoutante comme une version brumeuse et inquiétante du titre « Change ». Avec les sympathiques « Tired » et « The Maiden Name » retour vers un rocksteady des plus classiques avec cette touche d’originalité qu’apporte la flute de Rowena Cameron. « A Memory » vient conclure ce sympathique Great Western Reggae Soundclash.

Une chose est certaine ce nouvel album d’Erin Bardwell nécessite plus d’une écoute attentive pour se laisser apprécier. La comparaison avec les deux précédents albums (Bringing The Hope et Our Time) semble impossible tant le projet présent s’inscrit dans une démarche différente.

J’apprécie depuis longtemps le travail d’Erin Bardwell qui incarne (a mon sens) par son intégrité l’attachement à une musique devenue un mode de vie. Cet album, projet au long cours, reste difficile à appréhender par sa diversité même si le choix en est parfaitement assumé. Reste un travail collaboratif passionnant et passionné, projet qui ravira les fans du groupe mais qui a priori reste confidentiel puisque le tirage annoncé de la version CD est de 100 exemplaires. L’album est en écoute sur le bandcamp du groupe (ici) comme la totalité de la production du rudeboy de Swindon.

Rudeboy

 

 

 

  1. Judge Fredd 15 novembre 2017 at 17 h 59 min

    Hello !
    Moi aussi, j’aime bien Erin Bardwell Collective. Vous parliez du Specialized. Le dernier, Speciliazed 6, est marqué par l’excellente reprise, euh, réinterprétation par Erin Collective du titre « English Rose » de The Jam. Pour moi, certainement la meilleure cover du boxset !!! Une tuerie!

    Judge Fredd

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