Rude Boy Train

JOKERFACE – JokerFace – Newport Music

UN PEU D’HISTOIRE : Mine de rien, et malgré une jeunesse évidente, ça fait plus de dix ans que les Italiens de JokerFace balladent leur « Ska From The Alps ». Ils sortent un premier album, « A Piece Of My Way Of Life » en 2007. La tendance est aux sons 60’s, à la façon Allemande, propre et moderne, influence de la proximité de leur Tyrol natal, sans doute. Ils tournent dès lors tout autant chez eux qu’en Allemagne. C’est donc assez naturellement que sort en 2012 chez Rocking Records, leur second album, « On The Road Again », plutôt chouette.

Pris sous l’aile du tourneur Teuton FF Dabei, qui s’occupe de plus de la moitié des bons groupes allemands d’aujourd’hui, c’est toujours Outre-Rhin qu’ils obtiennent leur plus beau succès. Ils sont même choisis pour backer Roy et Yvonne lors de leur courte tournée de 2015. Plutôt discrets depuis, avec seulement quelques dates à droite à gauche, ils viennent de sortir ce troisième album, « Self Titled », « JokerFace ».

LE DISQUE : Je dois bien vous avouer que je ne savais pas par quel bout la prendre cette review, tant cet album m’a laissé longtemps le cul entre deux chaises.

Faut dire que d’emblée, les JokerFace séduisent par leur écriture, nous proposant dix titres inspirées et immédiats. Des chansons comme l’early «Jokerface » avec ses deux cuivres passés en finesse et ses chouettes choeurs, ou le rocksteady « Lonely Boy » malgré son chant un poil haut perché, captent facilement notre attention et donnent souvent une irrépressible envie de reprendre en choeur.

Le problème, c’est que l’autre truc qui qui tape aux oreilles dès les premières écoutes, c’est le petit « je ne sais quoi ? » qui manque souvent. « Rock My Soul » par exemple est un titre super construit, entre early et break soul, qui plus est arrangé aux petits oignons, avec des percus remarquables et un refrain « sing along » digne des Aggrolites. Mais il manque un tantinet d’engagement, d’une prod un brin plus aggressive, plus roots, qui en ferait un des meilleurs titres de l’année. Il ne faut cependant pas perdre de vue que les gaziers ne sont que cinq zicos au line-up.

Donc, si on prend le temps d’assimiler ce parti-pris d’une production hyper moderne, que les grincheux trouveront trop « proprette », finalement proche des sorties Allemandes des années 2000 ou bien celles plus récentes d’un Babylove & The Van Dangos, on pourra pleinement profiter de cette poignée de chansons souvent brillantes comme ce « I Remember », superbe rocksteady au refrain très soul et aux cuivres impeccables. « Troubles » avec son riff de guitare tranchant et sa basse syncopée, le funky « Trippin’ », tout comme le bondissant ska « Lucky Man » et ses claviers clinquants, qui sont tout autant de titres éminemment cool.

Le groupe nous fait même un peu mentir sur la fin de l’album avec « School Bully », en mode boss-reggae, sax en première ligne,  au final explosif avec ses chœurs puissant, tout comme sur le ska métronomique « Stick And Stones », carrément excellent, avec son final électrique parfait.

Jokerface nous pond donc un album finalement en tout point sympathique, auquel il ne manque à mon goût qu’un soupçon de prod vintage, un poil de puissance, et un zest de supplément d’âme pour en faire un des tout meilleurs de l’année…

On continuera donc à surveiller de très près le Tyrol de ces Jokerface.

Bronsky

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