Rude Boy Train

DEATH OF GUITAR POP- 69 Candy Street – Ska Club Essex

UN PEU D’HISTOIRE : Death Of Guitar Pop, en voilà un nom qui tabasse! Une fois n’est pas coutume, c’est bien d’un tout nouveau groupe dont on va vous parler, tout droit venu d’Essex, Great Britain, ce qui laisse augurer des influences à venir.

Jonny et Silky sont donc les leaders de ce groupe qui semble n’avoir qu’une poignée de semaines d’existence, et qui n’a joué pour la première fois en live band que ce 1er décembre dernier !

Ils se consacrent donc à bichonner ce premier album nommé « 69 Candy Street » sorti il y a quelques jours en version numérique et CD, une version vinyle étant prévue pour le début de l’année 2018.

LE DISQUE : On les avait vraiment pas vus arriver ces deux-là, malgré leur look donnant le ton, à base de Donkey Jacket, de Teddy en mode noir et blanc et de Doc Martens. Et la surprise est d’autant plus grande que ce « 69 Candy Street » est énorme. Le morceau titre qui ouvre le skeud est un petit bijou de two-tone au son vintage avec une basse rockab’ et un sax très 60’s, et quand, après un double solo furieux guitare/sax, les cuivres et les chœurs s’enflamment,  le titre bascule dans le formidable.

Avec « Suburban Ska Pop » et son featuring de Neville Stapple qu’on aimerait voir aussi en forme sur ses albums, ils commettent tout simplement un des two-tone les plus limpides et puissants de ces dernières années, avec un clavier qui dégomme tout et un refrain carrément entêtant, venant bousculer le  « Into Action » de Tim Armstrong  ou Le « Family » des Interrupters en haut du top de ces dernières années.

Après ce début en fanfare, on calme le jeu, mais pas au détriment du niveau incroyable des chansons. Avec l’early « Welcome Back », Death Of Guitar Pop tire avec bonheur sur toutes les meilleures ficelles de la musique pop : cuivres feutrés, cordes, xylophone, on a le droit à toute la panoplie, avec en bonus un travail d’orfèvre sur les chœurs. La reprise du « Sweet Sensation » des Melodians commence dans la tradition des covers Trojan des groupes two-tone Anglais, un peu pataud, avec une rythmique bien trop moderne pour faire son charme. Sauf qu’ici, les deux lascards, bien appuyés par un duo Hammond/piano d’enfer, viennent poser un refrain à plusieurs voix aussi doux qu’une berceuse.

Hasard ou pas, « Mike The Landlord », avec son clavier tout « Barsonnien » est un titre comme on en espèrerait des anciens de Madness, avec des arrangements chœurs/cuivres digne des grandes heures des meilleurs groupes British des 90’s.

On aura rarement fondu d’aussi beaux alliages : « Song About My Bird », sur son rythme tonitruant, blindé de cordes et de cuivres, est imparable, « Rickety Old train » est un ska sautillant à la compo encore une fois sans faille, comme l’est tout autant « Trivial Talk » , plutôt du genre rocksteady pêchu un brin déguingandé  avec toujours un niveau d’arrangements venus d’ailleurs.

Les p’tits gars de l’Essex Ska Club baissent le rythme même jusqu’au reggae avec  « Modern World », qui, avec ses percutions électros dubés, ses chœurs en reverb, sa guitare cinglante et sa mélodie cuivres/traversière originale vous laisse le cul par terre…

Même quand on quitte nos influences JA favorites, on reste sous le charme : « Messheads »  est une perle de ballade mélancolique et sucrée juste ce qu’il faut avec son xylo discret mais essentiel, tandis qu’ « About A Boxer » est un furieux punk des familles, avec la rythmique au piano qui défouraille comme aux plus belles heures de Stooges.

Comme une piqure de rappel le ska revient en force avec « Whatever Gets You Outta The House », qui fait une nouvelle fois grande impression avec sa rythmique classique, mais toujours avec des voix à se faire dessus et des cuivres détonnants. «I Don’t Believe In Magic Anymore », ballade belle à chialer, vient conclure ces treize titres d’un niveau surprenant.

Sans rien révolutionner, les deux ptits gars de Death Of Guitar Pop arrivent tout de même à combiner le meilleur de 40 années de musique anglaise avec une classe déconcertante. Ce « 69 Candy Street » n’est qu’abondance, orgies de cuivres, grandiloquence des chœurs, opulence des cordes sur des compos limpides comme de l’eau de source… Un truc de « guedin », à qui on souhaite assez de succès pour espérer pouvoir les croiser un de ces quatre sur scène…

Bronsky

 

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