Rude Boy Train

RUDE BOY TRAIN’S CLASSICS – CHRIS MURRAY – Slackness (Ska In The World Records-2005)

Résultat de recherche d'images pour "chris murray slackness"« Rude Boy Train’s Classics« , c’est une série de chroniques d’albums qui ont marqué l’histoire du ska, du rocksteady ou du skinhead reggae. Standards objectifs reconnus par le monde entier ou chefs d’oeuvre personnels qui hantent nos jardins secrets, la rédac de Rude Boy Train vous fait découvrir ou redécouvrir ces albums majeurs qui méritent d’avoir une place de choix sur vos étagères ! Rendez-vous le premier vendredi de chaque mois ».

UN PEU(BEAUCOUP) D’HISTOIRE: Il est des noms incontournables qui vous viennent en tête lorsque l’on évoque la scène ska internationale et Chris Murray est l’un de ceux-là. Incontournable parce dès la fin des années 80, il a été un des fers de lance, avec son groupe King Apparatus, du revival ska outre-atlantique, et que depuis, il distille avec un talent hors pair ses chansons simples aux harmonies limpides comme de l’eau de roche.

Installé en Californie, Il a de plus été l’instigateur  pendant près de six ans des soirées « Bluebeat Lounge » au Knitting Factory d’Hollywood, permettant à une bonne tripotée de nouveaux talents d’émerger aux cotés de figures plus connues. Personnage singulier, il prend le parti, dès la fin de l’aventure King Apparatus, d’un tournant acoustique et d’enregistrer des albums tout seul avec sa guitare sèche.  Cette liberté lui permet de promener son ska et son reggae intimistes aux quatre coins du monde,  , enchainant les participations avec de nombreux artistes au grès de ses voyages.

Si ses compos sont de juteuses gourmandises en mode lo-fi, elles procurent encore bien plus de plaisir lorsqu’elles sont réarrangées comme sur « Slackness » enregistré en 2005 en compagnie des  Slackers, ou bien sur les titres issus de diverses sessions qui composent la compilation « Yard Sale »  sortie en 2009 avec notamment l’énorme « Everything’ll Be Allright », entouré admirablement par les Skatalites Lloyd Brevett, Lloyd Knibb et Cedric Brooks.

En 2008, c’est avec le « Chris Murray Combo », trio qu’il compose avec  avec l’inévitable Chiquis Lozoya des Expanders et des futurs  Volcanos à la basse, et Ben Farrar, batteur du cru présent aux débuts des excellents See Spot, qu’il se lance dans une nouvelle aventure.

« Why So Rude » est une réussite, le swing et le groove de ces deux acolytes faisant merveille sur ses compos de plus ou moins longue date comme « Michael & Anne »  ou « Why So Rude » tout autant que sur quelques reprises bien senties comme ce « Magadog » de Peter Tosh, transfiguré.

Poursuivant ses nombreuses tournées solo sur toutes les côtes des US, mais aussi parfois par chez nous, il fonde son label Unstricltly Roots sur lequel il donne quelques coups de pouce à de jeunes pousses comme les Steady 45. C’est aussi sur ce label que sort « Buckle Up » son dernier album en date en mode combo, dont nous avions fait l’éloge ici même.

Mais revenons donc quelques années en arrière…

LE DISQUE : Comment ne pouvait-on pas espérer du grand, du beau, en imaginant le résultat de cette rencontre musicale, enregistrée au Version City Studio, entre des Slackers qui explosaient alors, et Chris Murray, insatiable auteur de chansons simple et justes.

C’est pourtant bel et bien par une reprise que s’ouvre ce « Slackness », avec le « Janie Jones » des Clash, s’il vous plait, qui, dénudé de ses atours électriques mais pas de son refrain impeccablement mélodieux, et saupoudré de quelques coups de cloche bien sentis,  devient un reggae acoustique fabuleux.

L’apport des Slackers est en fait distillé avec parcimonie… Pas question de jeter par la fenêtre l’essence même de la musique de Chris Murray en blindant le tout d’orchestrations inutiles. Il s’agit là, à l’instar de ce qui sera fait plus tard avec son combo, de juste appuyer le trait de sa guitare sèche par quelques pointes de rythmiques lègères ici, d’un clavier discret là, et des essentiels chœurs de la bande de Vic Ruggiero.

« Running From Safety » profite à fond de cet apport… Ce titre, sur fond de soul acoustique, où la batterie se fait plus présente, joue bien la carte de ces voix supplémentaires pour nous offrir un vrai petit bijou.

Derrière, l’incontournable « The Real Ska » subit le même traitement : cet accord des voix  parfait, l’harmonica entêtant, et ce swing digne des Skatalites en font une des mes chansons préférés…C’est d’ailleurs forcément sur les titres ska où les Slackers laissent le plus leur empreinte, comme sur « Home » avec ses vents et ses chœurs immédiatement reconnaissable.

Sur « Dangerous Hearts », toute la bande se radine une nouvelle fois, offrant un véritable écrin à la douce mélodie de cette perle de rocksteady, que le sax de Dave Hillyard et le trombone de Glen Pine semblent littéralement caresser.

Avec la paire « Rastaman Rock » et « Rastaman Reggae », les compères s’amusent à travailler la même chanson sous deux angles radicalement opposé entre acousti-punk et dénuement reggae, tout-deux aussi agréables aux oreilles.

Si« Why To Go War ? » est appréciable en final pop-folk léger comme une brise malgré son texte engagé, le reste du skeud est forcément essentiellement reggae.

Dans le style, les comparses d’un album enfilent les perles comme des joalliers: des notes folk du banjo de « The World’s About Me », au travail subtil de l’orgue de « The Promise » agrémenté d’un toast réussi du futur ex-Slackers Mush One, en passant par le lumineux « Mountains Of Sorrow »  au clavier malicieux, sans oublier le délice du « One Everything » et ses chœurs fabuleux, la régalade est totale.

En s’offrant cette participation grand luxe, Chris Murray nous pond avec les douze titres de ce « Slackness », un des plus beaux joyaux des années 2000, qui ne se défraîchit pas le moins du monde écoute après écoute… A Classic for sure!

Bronsky

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