Rude Boy Train

ALPHEUS – Light Of Day – Liquidator Music

UN PEU D’HISTOIRE : On commence à bien connaître Alpheus, ce chanteur anglais aux parents Jamaïcains. On rappellera quand même à ceux qui l’aurait oublié  que ce fan de Sam Cooke, vu ses origines, s’orienta tout naturellement vers le reggae et tourna rapidement dans tous les sound systems de Londres. Qu’après s’être installé à Miami, il fût repéré par Tony Brevett des Melodians qui le présente à Coxsone Dodd. Le légendaire producteur le prend sous son aile et dans les non-moins légendaires Studio One qu’il enregistre 1999, son premier album nommé « Quality Time » qui sort chez Heartbeat Records.

Quant Alpheus revient en Europe, Il est alpagué par le producteur Roberto Sanchez et son label A-Lone,  qui flaire le bon coup. L’équipe sort en 2007 « Everything For A Reason », suivi en 2011 par « From Creation », une  période pendant laquelle il enregistre  aussi de nombreux 45 tours.

C’est en 2014 que sort le quatrième album d’Alpheus, « Good Prevails », chez l’incontournable label Liquidator Music (et toujours produit par Roberto Sanchez). Un cap évident est franchi pour les deux acolytes et nous vous avions dit tout le bien qu’on en avait pensé ici dans nos colonnes. L’album est riche et varié, et le talentueux chanteur profite à fond des talents du producteur espagnol qui affine ses armes dans un style de plus en plus roots, pouvant rappeler parfois Hepcat ou Intensified pour la voix.

Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, c’est encore chez Liquidator et toujours sous la houlette du prolifique Roberto Sanchez que sort en ce mois d’avril ce tout nouveau « Light Of The Day »

LE DISQUE: Alors quoi de neuf du côté de ce bon Alpheus et de son tout nouvel opus ? Eh ben finalement pas grand-chose ! Mais on ne s’en plaindra pas forcément tant on retrouvera ici toutes les qualités de « Good Prevails » : dès l’early titre qui ouvre l’album, la voix suave aux multiples facettes du Londonien se rappelle à notre bon souvenir, sur une rythmique assurée de mains de maitre par la bande du Lone Ark. C’est tout aussi délicieux sur l’énorme ska « Nah Go Tek It », une tune digne de son mentor Coxsone Dodd sur laquelle Alpheus change avec bonheur de ton, enchaînant ses couplets légèrement scandés façon ragga sur une couche de chœurs parfaitement arrangés.

C’est donc ici qu’on trouvera finalement « THE » changement, la petite révolution : Roberto Sanchez et sa bande ont fait un pas de géant dans leur quête du son vintage qui tue. Clairement, on atteint ici le niveau d’excellence des Volcanos de Brian Dixon, avec des caisses claires qui claquent à la Scott Abels et des pianos, claviers, guitares et basses ténébreuses millésimées sixties, comme encore couvertes d’une fine poussière d’époque. Sur des reggaes du genre d’ « Appart », on croirait qu’Alpheus pose sur une vieille version dont la bande vient tout juste d’être ressortie de sa boîte.

Avec cette qualité de son, et les talents de compos du Sieur Sanchez, le « Lone Ark Riddim Force » déroule un somptueux tapis rouge  aux chansons inspirées d’Alpheus : l’Early « No Way » en est un des plus beaux exemples, avec son sifflement d’orgue entêtant et son piano divin, Le chanteur arrive tranquillement en mode crooner et emballe tous les suffrages. « Facety Rudie », « Positive Move » ou bien « Love Life » sont du même acabit : le premier vient nous scier avec un  gimmick de sax killer, pendant que le second, rocksteady voluptueux à la guitare légère,  nous régale d’une harmonie vocale parfaite. Sur le dernier, boss-reggae de derrière les fagots, funky juste ce qu’il faut, Alpheus nous fait un autre numéro de classe au chant, jouant parfaitement sur cette alternance de couplets vaguement saccadés et de refrains voluptueux

Y’a donc vraiment pas grand-chose à jeter sur ces douze titres assez bluffants de maîtrise, à l’image du ska « All Together » qui déroule ses trois minutes et onze secondes d’un intense bonheur rythmique  joliment soutenu par des cuivres judicieusement sortis pour l’occasion. Du swing léger de guitare de « Fantasy »  au ska métronomique « Sleeping Giant »,  en passant par le premier single « Just A Little » révélé il y a déjà plusieurs semaines, on se régale littéralement de bout en bout.

Ce « Light Of Day » sonne donc comme une double confirmation : On peut dorénavant ajouter Santander et son Lone-Ark Studio, ses musiciens et son producteur sur notre mappemonde  des meilleurs activistes de la scène mondiale. Alpheus vient quant à lui s’installer confortablement dans notre peloton de tête des grandes voix solo de la musique que l’on aime.

Bronsky

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