Rude Boy Train

THE DUALERS – Palm Trees & 80 Degrees – Sunbeat Records

UN PEU D’HISTOIRE: Difficile de faire plus prédestinés aux musiques Jamaïcaines que les frangins Cranstoun ! Avec un père précurseur des Sound System en Grande Bretagne, fana de ska et de reggae, mais aussi de soul, on finit rarement à débourrer du trash métal au kilo!

C’est donc tout naturellement que Tyber et Sy se tapent tout deux des études musicales et qu’ils commencent à balancer leurs reprises de classiques Ja aux coins des rues. C’est en compilant les enregistrements de ces covers Lo Fi qu’ils sortent les cd « Vintage Versions » 1 et 2, dont les bénéfices leurs permettent de monter leur propre label, Galley Music. Ils commencent à se produire sur scène en groupe, avec toujours autant de succès… Suivent les albums « Rhymes And Rythms », puis surtout l’excellent « Melting Pot » en 2004 qui leur offre avec le single « Kiss On The Lips » leur première incursion dans les charts UK. Leur public ne cesse de croitre, et les albums s’enchaînent au rythme d’un tous les ans, dont le formidable « Cooking Pot »…

Après une tournée triomphale conclue par un set gravé sur disque à l’IndigO2, Sy décide de prendre une route plus swing 60’s et rythm’n’blues et laisse les clés de la maison Dualers à son frangin. Tyber reprend la route sans broncher et continue à balancer un skeud par an, de niveau pas toujours égal, avec notamment le très bon « Back To Paradise ».

Petit à petit, il stabilise une formation de 8 zicos a ses cotés avec lesquels il tourne jusqu’à plus soif sur plus d’une quarantaine de dates « sold out » par an depuis plusieurs années. C’est avec ce backing solide qu’il enregistre les sessions de ce « Palm Trees & The 80’s », édité sur son nouveau label Sunbeat Records, en cd et en vinyle pour la première fois, nous laissant espérer le meilleur.

LE DISQUE: Avec toute la négligence d’une humeur de rentrée maussade, j’aurais tout aussi bien pu me contenter, pour cette première review, d’un « Le nouveau Dualers, il est super !», ce qui, outre l’avantage d’être concis, cumule avec celui d’éviter la contre-vérité et aussi de faire une super rime.
Mais ça aurait quand même été un peu court, voire irrespectueux, envers ce qui est de toute évidence un des tous meilleurs albums de l’année pour tout un tas de raisons.
Dès l’intro en mode radio vintage, particulièrement réussie, on sent qu’on va se régaler… Et « Got To Do Better Than That » qui enchaîne le confirme : le refrain est immédiat et un fier piano 60’s assure magistralement le tempo d’un titre 100% fun et dansant…

Comme d’habitude, Tyber et sa troupe proposent tout l’éventail de la musique Jamaïcaine : le rocksteady lascif « Dancin’ Till The Sun Comes Up » aux cuivres omniprésents est un délicieux bonbon, et on repioche avec malice et plaisir la main dans le paquet pour un reggae comme « Spend Some Time », somptueusement habillé de cordes tout autant que peut l’être « Written In The Stars ». Dans le genre, on restera baba devant la beauté de la merveille ska-soul « I Only Have Eyes For You », sorte de « Billy Paul meets Ken Boothe » à tomber par terre.
De la grosse bombe ska, y’en a aussi, bien sûr, la dose, avec un « What A Bangarang » pas loin du coup parfait, refrain nickel, relevé d’un toast impeccable, rythmique sans faille et cuivres diaboliques, ou bien « Johnny Come Back » qui double la mise, rivalisant de puissance.
Les ska plus légers, swing 60’s, sont bien sûr leur spécialité depuis toujours et l’efficacité de titres du genre « It’s Wonderfull Life », « Only When You’re Around » et son originale rythmique au clavier haut-perché, « Too Much », au chorus de cuivre toujours épatant, « Don’t Bother Me » et autres « Countless Night » ne devrait surprendre personne.
Par contre, pas impossible d’être parcouru d’un petit frisson de surprise à l’écoute de l’énorme boss reggae « If You Were Mine » : son refrain et ses chœurs cisselés, son Hammond qui siffle de partout, ses fin arrangements de xylophone, et son chorus de cuivre simple et punchy en font une des pépites du skeud.

Voilà, j’aurais pu faire beaucoup plus court, mais ce « Palm Trees and 80 Degrees » méritait mieux, beaucoup mieux ! Car avec ses quatorze chansons imparables, un niveau de production au top et des arrangements riches et essentiels, on tient tout simplement là le meilleur album des Dualers. Et on comprend pourquoi, depuis bientôt 20 ans, nos amis Britishs les apprécient tant et se pressent chaque semaine pour blinder leurs concerts.

Bronsky

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