Rude Boy Train

SKA JAZZ MESSENGERS – Introspeccion – Liquidator Music

UN PEU D’HISTOIRE : Les 7 zicos du Ska Jazz Messengers sortent de Caracas, Venezuela et jouent ensemble depuis 2009 un cocktail de ska-jazz, forcément, mais aussi du rocksteady, le tout matiné d’une touche de funk et d’une pincée d’un jazz aux sonorités modernes.

Malgré les nouvelles opportunités de communication offertes par internet, pas facile de se faire connaître quand on vient de Caracas. Ils se sont fait cependant remarquer en 2014 avec une reprise ska-soul absolument géniale du hit interplanétaire « Happy » de Pharell Williams. Distance oblige, on n’a peu entendu parlé d’eux depuis, même si nous vous avions signalé ici  « Cuando Te Miro », leur second single sorti en 2015. Ce n’est qu’en ce début d’année qu’on les redécouvre , avec « Mil Veces No », un 45t sorti chez Liquidator, annonceur du premier album, nommé « Introspeccion », sorti ce printemps en digital et qui attend encore sa sortie physique qui sera une nouvelle fois assurée par le label Espagnol, toujours gage de qualité.

LE DISQUE : Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas un bon vieux son vintage que nous propose Liquidator avec ces Ska Jazz Messengers. Cependant, si ici le son est ici résolument léché, moderne même, serait-on tenté de dire, on en n’a pas moins à faire a du ska, aux influences variées, et du bon.

« Tunja » qui ouvre l’album en est un parfait exemple : niveau rythmique ça envoie du skank rapide mais léger, tout au piano, le chorus de cuivre a du chien et les solos s’enchaînent à merveille, soulignés par quelques breaks de batterie de classe. On se dit aussi que ça sonne aussi bien que du Victor Rice, et du coup, on n’est pas étonné de voir que c’est « l’homme qui transforme tout ce qu’il touche en or » qui est aux manettes

« Up And Down » qui suit est clairement du même niveau, juste jazzy ce qu’il faut, avec son sax baryton qui fait penser inévitablement au Tokyo Ska Paradise. Joey Altruda, s’il vous plait, vient assurer la contrebasse, et la section cuivre interprète ce titre des Mighty Vikings avec une sacré assurance et même un sacré culot à l’écoute des solos absolument vertignineux.

Pour la première chanson, « Sigueme », avec son intro, ses arrangements et ses chœurs très pop, on est clairement dans le modernisme, une approche du ska finalement assez répandue du côté de l’Amérique du Sud, et c’est tout à fait délectable. Pour la seconde, c’est Angel Salgado, le leader des Californiens The Delirians qui vient prêter sa voix à « It’s Too Late », bien appuyé par le pote Joseph Quinones aux choeurs un titre délicieusement funky-soul, mixé de mains de maître par Esteban Descalzo, léger comme une brise d’été, au refrain ska imparrable

Y’a bien une petite tendance à l’easy-listening qui ne charmera pas forcément tous les rude boys du coin: « Al Mundo Recrear »  qui conclue l’album en mode reggae-pop manque un peu d’aspérités, un peu comme  « Kitchen Fyah » qui,  malgré son toast ragga plutôt réussi, peine a m’emballer avec son style mi-funk mi-raisin. « Bajo la Lluvia », pourtant un des titres les moins Jamaîcains, tire mieux son épingle du jeu, avec une ambiance fumeuse assuré par un duo flûte/claviers royal

Mais des titres comme « Cuando Te Miro » ou l’instru « Una Hermosa Noche »,  c’est fin comme du Oldians et on en redemande… Et grâce a un ska plus pêchu, comme « Asian Moon » qui rappellera avec bon ton une nouvelle fois les TSPO, un plus léger mais tiré a quatre épingles avec « Mil Veces No » ou encore le gros groove reggae de « Dokoyukuno », les Ska Jazz Messengers achèvent de nous séduire.

« Introspeccion » est donc un fort agréable  premier album, varié, aux arrangements et aux mixs impeccables,  et tous les amateurs de variations modernistes autour du ska-jazz y trouveront largement leur compte.

Bronsky

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