Rude Boy Train

DAVID HILLYARD & THE ROCKSTEADY 7 – FRIENDS AND ENEMIES – ROCKING RECORDS/BRIXTON RECORDS/WHATEVSKI RECORDS

hillyardcover[1]UN PEU D’HISTOIRE: DAVID HILLYARD, c’est le saxophoniste historique des Slackers. Mais quand on a dit ça on n’a rien dit. Vous allez me dire « ben ouais, alors il est de New York ». Ben non même pas, il est de San Diego en Californie le gars. Et c’est pour ça qu’avant de déménager pour la grosse pomme, il a d’abord fait ses armes au sein de The Donkey Show, l’un des groupes pionniers de la scène californienne, avant de rejoindre Hepcat et de pondre le chef d’œuvre « Out Of Nowhere » dont on est quelques-uns à ne pas s’être encore tout à fait remis.

Après la sortie de ce disque pourtant, David Hillyard quitte ses potes et le soleil de Venice Beach pour s’installer à New York City et enregistrer « Better Late Than Never » avec The Slackers, groupe qu’il ne quittera plus d’un pouce, en en devenant même l’un des personnages emblématiques, toujours fidèle au poste presque 20 ans après la création du combo.

Excellent musicien que certains n’ont pas hésité à comparer à Roland Alphonso ou à Tommy McCook, David Hillyard est aussi membre des Stubborn All-Stars.

En 1992,  il monte avec le percussionniste Larry McDonald The Rocksteady 7, un groupe à géométrie variable dans lequel on retrouve parfois Vic Ruggiero (Slackers…), Sheldon Gregg (NYSJE, Sabaudians, Bluebeaters, Skatalites…), Jeremy Mushlin (Slackers…), Jay Nugent (Slackers, Stubborn All-Stars…) ou Kincaid Smith (Hepcat).

Avec The Rocksteady 7, plus orienté ska-jazz/world que The Slackers, David Hillyard a sorti plusieurs albums : « Playtime » en 1999 (Hellcat Records), « United Front » en 2003 (Brixton Records), un « Live At The Kassablanca » en 2007 (Brixton) et « Get Bach Up ! » en 2009 (Brixton). « Friends and Enemies » est leur quatrième album studio. En 2008, David Hillyard a  sorti « Play Hits Of Jackpot » avec le chanteur jamaïcain Glen Adams sur le label japonais Ska In The World Records.

 LE DISQUE: 9 titres ! Pas un de plus. C’est court ? Ben nan c’est pas court, ça dure tout de même plus de trois quarts d’heure ! Donc autant vous dire que certains morceaux dépassent allègrement les sept minutes, et que les amateurs de solos à rallonge vont être plus que comblés. Oui sauf que moi, je ne suis pas de ceux-là. J’aime quand le ska est efficace, direct, qu’il va droit au but, et pour tout dire ma patience avec les musicos qui s’écoutent jouer a des limites.

Alors quoi, il est raté le nouveau Rocksteady 7 ? Non, n’exagérons rien. Mais j’avoue que « Assaw Fofor » par exemple, tourne pas mal en rond. Le beat est vaguement reggae, et autour d’une base rythmique assez simple, Hillyard s’en donne à cœur joie avec son instrument, partant dans tous les sens, comme si rien n’avait été écrit au préalable (est-ce le cas ?), et si ça ne vire pas en free jazz, c’est souvent très proche de la limite.

Même verdict pour « If You Want Me To Stay », d’après Sly and The Family Stone, un peu funky beat évidemment, et si ça démarre plutôt pas mal, ça se met assez vite à délirer et on découvre des Rocksteady 7 plutôt plus bavards que d’habitude, avec une même boucle rythmique à n’en plus finir, quasi pas de mélodies, et alors du sax du sax du sax, du sax le matin, du sax à midi, du sax le soir, du sax en veux-tu, du sax en voilà… Dave Hillyard  et ses potes ont dû se taper un gros délire à enregistrer des trucs pareils, un peu rocksteady, pas mal jazz, parfois franchement afro beat à la Fela Kuti, le chant en moins puisque le disque est encore une fois entièrement instrumental.

Heureusement qu’il y a autre chose sur ce nouvel opus, et que les deux morceaux précités n’ont pas été couchés l’un derrière l’autre car on aurait frôlé l’overdose.

Car quand le groupe fait un peu plus dans la concision, on est immédiatement rassuré sur sa capacité à produire du bon son. « Friends and Enemies », la chanson-titre, fait franchement bien la blague en mode reggae à la cool qui se la raconte même pas, et « Whistling » est un modèle de morceau ska d’inspiration vaguement jazz New Orleans/Charleston du plus bel effet qu’on croirait sorti de la bande-son d’un vieux film de Busby Berkeley.

On applaudira aussi avec plaisir à « In A Mellow Mood », à « Blast Off » qu’on imagine jouée au fin fond d’un club enfumé des sous-sols de Harlem, et à une version assez personnelle de « I Can See Clearly », le hit de Jimmy Cliff, qui en version instrumentale chaloupée permet à l’album de mieux démarrer qu’il ne finit (avec « If You Want Me To Stay » donc).

Les amateurs de belle technique vont kiffer sans retenue, même si de mon point de vue David Hillyard & The Rocksteady 7 gagnerait à simplifier, à raccourcir, et peut-être une fois de temps en temps, à prendre un chanteur en featuring histoire de varier les plaisirs. Mais ces quelques réserves n’empêchent pas le combo qui n’a plus grand chose à prouver de s’en sortir un fois de plus avec les honneurs.

Vince

  1. L. 18 décembre 2012 at 21 h 46 min

    en 1992 les débuts du RS7, are you sure?

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    • Vince 18 décembre 2012 at 23 h 27 min

      J’ai deux dates contradictoires: 92 et 98. Le 1er album sorti en 99 semblerait confirmer des débuts en 98, mais la fiche wikipedia du groupe parle d’une collaboration entre David Hillyard et Larry McDonald dès 92 donc… Sauf qu’en 92 Hillyard était toujours en Californie donc…

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