Rude Boy Train

The Skints – Part & Parcel – Bomber Music Ltd.

UN PEU D’HISTOIRE : The Skints est un groupe londonien formé en 2005. Il est composé de quatre musiciens : Jon Doyle à la basse, Jamie Kyriakides à la batterie, aux percussions et au chant, Josh Waters Rudge à la guitare et au chant et Marcia Richards aux claviers, au mélodica, au saxophone, à la flûte traversière et au chant (rien que ça !).

Un premier album live Live. Breathe. Build. Believe. voit le jour en novembre 2009, permettant ainsi au groupe de se forger une petite réputation, en Angleterre dans un premier temps. Mélangeant diverses influences, mais gardant une trame ska-punk, on y découvre un groupe jeune mais prometteur et avec un talent indéniable.

C’est trois ans plus tard, le 12 mars 2012 précisément, que sort cet album Part & Parcel, outre-Manche tout du moins. On le trouve sous deux éditions : une édition classique (CD) et une édition limitée (vinyle + téléchargement mp3 + posters).

À dire vrai, cet album s’avère être un de mes cinq choix pour l’émission 33, émission best-of des albums sortis durant l’année 2012, et toute l’équipe de Rude Boy Train a décidé qu’une chronique s’imposait. L’album est tellement passionnant, comme le dit si bien Lionel dans ladite émission, qu’on ne pouvait que vous faire partager notre point de vue le concernant. Et puis l’album ne sortira officiellement en France que le 29 janvier prochain ; c’est donc une bonne façon de vous faire une idée avant d’acquérir le précieux.

L’ALBUM : On retrouve énormément d’influences musicales sur ce disque. Cela va du ska, en passant par le rocksteady, le reggae, le dub, et même parfois du hip hop (le côté punk du premier live album a été abandonné, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire). Autant vous dire tout de suite que je ne suis d’habitude pas un grand fan des groupes qui s’éparpillent dans trop de directions différentes. Mais le moins que l’on puisse dire est que les Anglais de The Skints le font avec classe et brio. D’autant plus qu’ils arrivent rapidement à nous faire oublier qu’ils ne sont que quatre musiciens grâce au fait que Marcia soit une multi-instrumentiste invétérée.

On attaque tout de suite avec Rise Up, le premier morceau de cet album et son intro dub au mélodica façon Augustus Pablo qui nous met directement dans l’ambiance. Je vais le dire une fois pour toute car cela est valable pour tous les morceaux, le bassiste a un groove de ouf ! (la phrase parle d’elle-même, rien à ajouter) Une façon de chanter dancehall du chanteur donne le ton. Le second couplet interprété par la chanteuse cette fois-ci permet de donner une variation intéressante. En tout cas, ce morceau est révélateur de l’album en général, à savoir des changements de rythmes et des variations omniprésentes, enrichissant ainsi de belle manière l’album.

On continue avec Rat-at-at. Le morceau débute par un chant rapide bien maîtrisé par la chanteuse, avec un clavier aux couleurs reggae et une guitare aux couleurs ska (concept assez intéressant d’ailleurs). Le refrain passé, le chanteur prend le relai avec un chant stype hip hop là aussi relativement bien maîtrisé. Le tout s’enchaîne pour aboutir sur une fin fort sympathique tranchant avec le style « agressif » du morceau.

Just Can’t Take No More est vraiment un reggae roots avec un son actuel. Les arrivées de manière subreptice du clavier et du mélodica rendent le titre accrocheur, même s’il a tendance à traîner pas mal en longueur (5’20 pour un tel morceau, c’est sans doute un peu rébarbatif).

Live East Die Young est un morceau basée sur une rythmique ska mélangée à du dancehall. Le bassiste évite clairement la noyade sur ce morceau, qui est donc vraiment loin d’être celui que je préfère.

Vient ensuite Ring Ring, morceau que j’ai choisi de vous faire partager dans l’émission best-of 2012. Après son intro caribéenne au piano rondement exécutée, on retrouve un morceau chaleureux, fort sympathique à écouter avec à la fois un côté jazzy, un côté entraînant et un côté « je me réveille de bonne humeur et j’égaye ma journée si je l’écoute de bon matin ». Tester et vous verrez par vous-même l’efficacité de la chose !

Lay You Down fait la part belle à la tradition. The Skints est avant tout un groupe d’inspiration jamaïcaine et il le prouve à travers ce petit bijou. Une intro calypso/mento qui se transforme en ska back in the sixties, et on obtient une des plus belles réussites de cet album. On notera un solo de saxophone au milieu du morceau, pas exceptionnel certes mais faisant le job, permettant à Marcia de montrer encore une fois une partie de son talent.

Sunny Sunny est le morceau le plus roots de cet album. Le chanteur se prend à imiter les stars jamaïcaines de la grande époque du reggae des années 70, et le résultat est plutôt appréciable (bien que perfectible tout de même). Les petites pointes de flûte traversière pas toujours raccord avec le rythme et le tempo (mais on s’en que c’est fait exprès, maîtrisé, et ça rend donc vraiment bien) par-ci par-là donnent un côté mélancolique qui fait son petit effet. Le morceau est dans l’ensemble bien construit.

Mais s’il n’y avait qu’un morceau à retenir sur cet album, ce serait incontestablement Rubadub (Done Know). Un départ ska avec un jeu de basse à toute épreuve et un refrain chanté de toute beauté par Marcia donnent toute suite une impression très épurée au morceau. Les couplets interprétés par le chanteur lui permettent de s’exprimer d’une bien belle manière. Mais le must reste cette coupure (on pourrait même dire cassure tellement c’est prononcé) qui intervient aux deux tiers du morceau. Le tempo est considérablement ralenti, et on se retrouve avec un dub dans lequel la chanteuse reprend un couplet et le refrain de façon bien plus lente qu’au début. Là encore, il fallait oser une telle prouesse, et je trouve que le groupe devrait sans doute s’appuyer encore plus sur cette façon de créer et de composer.

Up Against the Wall Riddim est lui aussi un morceau bien barré. Les claviers style jeux vidéo 8 bits de l’époque sont cool et tranchent radicalement avec le style reggae/dancehall/dub du morceau. Le groupe se permet même d’insérer un aux claviers un passage de Carmen, l’opéra de George Bizet (vous savez, le début de « L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais connu de loi »). De l’opéra dans de la musique jamaïcaine, qui l’eut crû…

Soundboy est un morceau bien étrange. La rythmique ska accompagne un chant très hip hop américain. Et puis les voix deviennent très pop/rock quand le refrain intervient. Ce groupe est vraiment doué pour nous envoyer des univers musicaux bien différents au sein d’un même morceau. Toujours est-il que ce morceau en déroutera plus d’un, et ne sera par conséquent pas celui sur lequel on s’attardera le plus et que l’on écoutera le plus.

L’album se termine avec You Better. C’est un retour au côté roots et dramatique avec tout d’abord une introduction guitare/chant. Ça s’écoute mais ça ne reste là non plus pas une perle musicale.

En conclusion, The Skints est un groupe fort étonnant et cet album Part & Parcel recèle de trésors cachés. Si tout est loin d’être bon à prendre, il n’y a pourtant rien à jeter. Tout s’écoute d’une traite sans avoir envie de passer à autre chose. On peut être sûr qu’avec un poil de maturité en plus le groupe sortira un disque quasi-parfait. En tout cas, c’est tout le bien qu’on souhaite à ces joyeux lurons londoniens…

Facebook, site officiel.

Je vous propose deux clips officiels issus de cet album : le premier est celui de Rise Up, et le second est celui de Rat-at-at. Bonne écoute !

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=9NgOTFQHh8s]

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OBqHKLKgCyk]

Et n’oubliez pas que le groupe sera en tournée européenne à partir du 20 février. Pour rappel, voici les dates françaises :

  • 20 février, La péniche, Lille
  • 21 février, Le Perche Café, Paris Montreuil
  • 22 février, Lino Ventura, Nice
  • 23 février, Salle culturelle, Albi
  • 24 février, La Dynamo, Toulouse
  • 26 février, I Boat, Bordeaux
  • 27 février, Le Ferrailleur, Nantes
  • 28 février, Le Rack’am, Paris Bretigny
  • 01 mars, EMB Sannois, Paris
  • 03 mars, La Cigale, Nyons
  • 04 mars, L’ampérage, Grenoble
  • 06 mars, La Laiterie, Strasbourg

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