Rude Boy Train

SMOOTH BEANS – KEEP TALKING – LIQUIDATOR MUSIC

UN PEU D’HISTOIRE : C’est en 2008 que SMOOTH BEANS se forme à Satander, une ville de Cantabrie, une province du nord de l’Espagne (juste à l’ouest du Pays basque). Le groupe composé selon les périodes de six ou sept musiciens, est amateur de vieux reggae avec des bretelles, et de rocksteady chaloupé.

En 2010, le combo enregistre son premier 45 tours (« Cantabria’s Finest »)  et le sort chez qui ? Chez Liquidator pardi ! Et rapidement, les gens commencent à parler (en bien) de ce nouveau groupe ibèrique aussi classe les autres groupes ibèriques.

Concerts, concerts, et concerts encore sont au programme des joyeux gaillards (notamment au Rototom Sunsplash Festival, gigantesque raout jamaïcain organisé à Benicassim),  qui en plus entrent en studio pour enregistrer leur premier album, « « At Low Fyah ! », produit par Roberto Sanchez (un jeune musicien/chanteur/producteur bien connu en Espagne) et publié par Liquidator en septembre 2011. Le disque met à peu près tout le monde d’accord et Smooth Beans ne tarde pas à lui donner une suite, « Keep Talking », qui arrive dans les bacs au cour des premières semaines de 2013.

LE DISQUE : Voilà un second album que beaucoup attendaient au tournant. Alors, aussi bien que le premier ou pas ? Rassurez-vous, « Keep Talking » est à peu près aussi jouissif que l’était « At Low Fyah ! », tout simplement parce que la recette n’a pas changé : Une grosse poignée de skinhead reggae, une belle rasade de rocksteady, avec un soupçon de ska, le tout enregistré avec un feeling solide, des chœurs de lovers et une voix de velours.

C’est simple, y a douze morceaux, et tout est bon, comme dans le cochon. Et ça démarre fort avec la très classe « Don’t Let It Go », parangon d’early reggae à la rythmique métronomique, suivie de près par « Black Eyed Girl » qui est effectivement une pure chanson de lovers taillée pour la drague sur les pistes de danse d’ici et d’ailleurs.

Avec son chant lead et ses chœurs façon trio vocal, Smooth Beans se permet d’avoir de temps en temps des airs d’Hepcat, notamment sur la très sensible « Numbers Without Face » où on croirait presque entendre Greg Lee, Alex Desert et Deston Berry, et au jeu du name-dropping, on pourra citer aussi quelques accointances avec le style des Caroloregians sur la remarquable « Turn The Coin ».

« Keep Talking » l’album, c’est aussi une poignée d’instrumentaux ciselés : « Far From Home » et son sifflement de trombone mélancolique, la plus rapide « El Desfiladero » qui sonne bien western spaghetti un peu comme sur le premier album, et surtout l’imparable « High Water », qu’on croirait sortie d’une vieille compilation skinhead reggae sortie il y a 40 ans du côté de Trojan Records.

Et puis, crise financière/politique de rigueur oblige, Smooth Beans y va même de son petit couplet engagé, et nous sert sur un plateau d’argent un « All Power To The People » qui sonne comme un manifeste d’une finesse assez irrésistible. Classe !

Et comme les Espagnols ont le sens de la tracklist qui fait mouche, v’là t’y pas qu’ils nous collent à la fin un bon gros ska qui tue, avec des cuivres en invités et un piano virevoltant, sobrement intitulé « Brevette & Knibb », parce qu’en plus de faire de la musique de milords, les gars de Smooth Beans savent aussi ce qu’est la gratitude.

Y a pas à dire, on tient là l’une des plus belles signatures de la scène espagnole actuelle (pourtant déjà riche en talents) et en 2013, Smooth Beans s’impose comme un groupe dont le talent est tout simplement incontestable.

Vince

 

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