Rude Boy Train

65 MINES STREET : L’INTERVIEW !

Discussion avec Julien, clavier de 65 MINES STREET, à l’occasion de la sortie du deuxième album du groupe (« Fix The Clock ») début avril. On cause de leur nouvelle orientation musicale, du changement de chanteur, de Buster Shuffle et même de Two Tone Club…

RUDE BOY TRAIN : Salut Julien, merci de répondre aux questions de RBT !

65 MINES STREET : Pas de quoi et c’est un plaisir

RBT : Alors dis-moi, qu’est ce qui s’est passé dans la vie du groupe depuis un an ? Je vous avais encore vus avec Jean-Loose à Chaligny en mars 2012…

65 MINES STREET : Pas mal de choses sur 2012 et notamment depuis cette date- là. Pour démarrer on a dû faire face au départ de John Lewis, le chanteur « historique » qui n’avait vraiment plus le temps de jouer avec nous, les Rebel Assholes ayant un emploi du temps super blindé avec la sortie de leur dernier album « Deactivated ». C’était inévitable pour lui et il a fallu s’adapter. Ce qui a pris beaucoup de temps, on s’est posé pas mal de questions sur la direction qu’on allait prendre. On a eu à jouer dans l’urgence avec Mick au micro, qui a fait ses premières armes sur la tournée Easter Ska Jam en Allemagne et au Danemark. C’est l’époque où on a cherché à embaucher un frontman pour succéder à John Lewis, avant de choisir de rester à cinq.

RBT : Et y a eu le backing de Roy Ellis à l’ouverture du Moloco. Ça devait être un grand moment ! Avec HK et Saidou, les frères Hardisson…

65 MINES STREET : A fond!  Ça a été funky car on était en pleine compo pour le second album dont on avait fixé la date d’enregistrement. Bosser le set pour l’inauguration du Moloco nous a tous apporté beaucoup, et on gardé un super souvenir de cette période-là. Jouer avec toute cette bande était un privilège pour un jeune groupe comme nous, et l’occasion de bosser sur des univers différents, allant du rap de MAP, ZEP et La Canaille, au style qu’on défend depuis longtemps avec les mecs des Moon et Mr Ellis c’est la cerise sur le gâteau. Ça a été beaucoup de taf en peu de temps, et pour le coup pas mal de stress, mais on s’en est pas trop mal sorti je pense.

RBT : La vidéo avec les gars du MAP me fait regretter d’avoir raté ça !

65 MINES STREET : Haha ouais c’était un grand moment ! HK et Saïdou sont de très bons songwriters et j’espère qu’ils n’auront pas été déçus de leur passage par chez nous, et surtout des arrangements qu’on leur avait concoctés…C’était presque frustrant d’en faire une soirée unique…

RBT :Moi je dis que les arrangements avaient l’air nickel ! Avec Roy Ellis y a un projet en vue ?

65 MINES STREET : On peut dire qu’il y a des choses dans les tuyaux mais ça reste à confirmer…

RBT : L’album a été enregistré à l’Indie Ear ?

65 MINES STREET : Oui, avec John Lewis aux manettes. Mixé et masterisé sur place. C’est presque une première là-bas niveau master, et on est super contents du résultat car on a pu revenir sur le boulot jusqu’au dernier jour, celui où ton projet part en fabrication! Pas d’erreur donc, notre ancien chanteur qui bosse là-bas s’est impliqué à fond dans le projet et on l’en remercie tous.

RBT : C’est cool. Et côté label ? Toujours le Chef ?

65 MINES STREET : Oui pour le vinyle on fait toujours confiance aux Productions de l’Impossible. Pour le CD on bosse à moitié en autoprod et avec Casual Records.

RBT : Des plans avec des labels étrangers ?

65 MINES STREET : Je suis sûr de rien mais on aurait un plan avec Rocking Records en Allemagne… On a aussi des contacts avec le Canada mais rien de certain non plus… Pour le Canada, on verra bien mais ce serait l’fun d’aller jouer là-bas…

RBT : Ça c’est sûr ! Rocking Records c’est un label qui commence à bien se bouger apparemment… Bientôt vous serez sur Epitaph !

65 MINES STREET : Haha, je sais pas si ce serait un cadeau, mais pourquoi pas. Moi Je dis « chaque chose en son temps », et si on nous sollicite on sera content d’étudier les propositions. Pour Rocking Records/Rocking Steady, c’est vrai qu’ils commencent à se faire un putain de catalogue, avec Skatalites, Leo and the Lineup, les copains de Valkyrians…

RBT : Ouais c’est les nouveaux Grover ! Vous avez gardé onze morceaux pour l’album, mais vous en avez enregistré d’autres ?

65 MINES STREET : Non, on avait onze titres aboutis à peu près, et le double dans les tiroirs. On a fait une sélection à la racine et on voulait un disque efficace. Avec le départ de Jean Loose on a aussi perdu notre songwriter principal, et je te cache pas que l’exercice était nouveau pour Mick et moi pour restructurer le bazar, à savoir adapter le chant à la zique, aux tonalités… Onze titres c’était le bon compromis et on a vraiment fini sur le fil. On a toujours fonctionné dans l’urgence. Là c’était extrême mais on a tenu le pari je crois.

Et je voulais qu’on ait des titres qui aient un peu de sens tant sur le plan instru que sur la cohérence avec les textes. Pour le prochain disque on saura comment on doit travailler, c’est à dire à l’avance ! Même si je sais pertinemment qu’on serrera encore les fesses jusqu’au dernier moment, comme d’hab…

La réorientation était obligée, tant d’un point de vue pratique dans la mesure où la voix de JL collait au nerveux des premières compos, que sur un plan plus personnel pour le groupe. Il fallait marquer la rupture car quand tu changes un zicos ça passe, mais quand tu changes de chanteur c’est tout l’équilibre de la formation qui se trouve bouleversé. Je suis convaincu qu’il fallait opérer ce virage au détriment d’une certaine énergie peut être. Même si je ne suis pas vraiment convaincu qu’on ait perdu en burnes. On a quelques titres assez revitalisants sur le plan instru ! Ça fait beaucoup de convaincu je crois…

RBT : Ouais, et moi je dis que le disque sonne beaucoup plus britsh aussi. Entre du Specials et du Madness. C’est très early 80’s. « Mrs Rosebury » t’as l’impression que ça a été écrit à Camdem ou à Brick Lane…

65 MINES STREET : Oui on a mis l’accent sur la mélodie et c’est vrai qu’au final certains titres sont emprunts d’une atmosphère un poil plus typée que sur le premier album. C’était pas nécessairement le but, mais on est ravi !

RBT : Sur « Mrs Rosebury » c’est toi qui chante ?

65 MINES STREET : Oui, et c’est un exercice nouveau pour moi. Je trouve ça assez drôle même s’il faut assumer sa voix après coup.

RBT : Un des meilleurs morceaux du disque à mon avis.

65 MINES STREET : Oh ben merci ! J’aime bien cette histoire de trahison entre les deux membres de ce vieux couple…

RBT : Comme j’ai pas (encore) les paroles, j’avais pas compris de quoi ça parlait, mais c’est une chanson avec une atmosphère, on s’imagine dans un film de Stephen Frears, ou de Ken Loach… Ouais c’est très anglais quoi…

65 MINES STREET : Cool alors. Je suis assez fan de Loach et du cinéma « prolo » britannique.

RBT : Le chant il est plus partagé qu’avant ?

65 MINES STREET : Mick est le lead singer, mais c’est vrai qu’on a tenté de rendre notre musique plus vivante en partageant certains passages, à la manière d’un dialogue entre les différents personnages qui peuplent les onze titres. C’est un album sur les gens, leurs vices, parfois leurs vertus. Mais bien souvent ce sont de sombres histoires qui ont toute pour point commun le temps. Le temps et ses ravages d’ailleurs…

RBT : Y a un featuring au chant sur « Jay ». C’est Linton ?

65 MINES STREET : Héhé non c’est moi… On a sacrément rigolé d’ailleurs !

RBT : Ah ben j’aurais juré que c’était une voix black…

65 MINES STREET : Eh ben nan, désolé de te décevoir mais c’est une voix de blanc-bec. Mais en tous cas c’était le but là. Et content que tu te sois laissé prendre…

RBT : Ah ouais carrément. J’avais même imaginé un anglais, style Ranking Roger ou Lynval Golding quoi…

65 MINES STREET : Ah merde! Du coup c’était pour coller à l’histoire et il fallait qu’on ait l’impression qu’un MC venait parler à ce moment -là. Un peu de reverb et de delay et un p’tit effort de prononciation et c’était joué. On n’a pas eu le temps de contacter des mecs pour faire ce genre de truc, j’ai bouclé le texte l’avant-veille des prises voix, en flux tendu!

RBT : Nan mais c’est nickel comme ça.

65 MINES STREET : C’est cool alors.

RBT : Ouais je me doute bien que c’est pas Ranking Roger, mais c’est un peu le style d’ambiance qu’on peut retrouver chez The Beat. Et ça me fait penser à un featuring du fils de Ranking Roger sur le deuxième album de The Ordinary Boys…

65 MINES STREET : C’est sympa ! Et d’ailleurs c’est marrant que tu me parles de tout ce monde-là car je me suis rematé le doc « Two Tone Britain » pas plus tard qu’hier soir. On a fait des choses vraiment fabuleuses là-bas à l’époque. Merci Mr Dammers ! Et je recommande le sus-cité documentaire

RBT :Two Tone Story tu veux dire ?

65 MINES STREET : Nan c’est bien « Two Tone Britain », un doc diffusé sur Channel 4 en 2004.

RBT : Ah oui, moi je pensais à « Dance Craze » en fait…

65 MINES STREET : C’est mon p’tit Mick qui m’a fait découvrir ça y a quelques mois…

TWO TONE CLUBRBT : A propos de two tone, j’ai entendu dire que le bassiste de 65 Mines Street était aussi dans Two Tone Club maintenant ?

65 MINES STREET : Oui on a perdu Brown y a quelques mois de ça. Yann était le plus à même d’assurer l’intérim dans un premier temps. Et on continue à taffer comme ça.

RBT :Une parenthèse sur Two Tone Club : Pas de live finalement ?

65 MINES STREET : C’est reporté, il y aura bien un live mais on a du pain sur la planche. On veut revenir au top et ce sera le cas inch allah! Un peu de patience encore et ça va claquer! On compose, on bosse à notre rythme… Pas plus de détails à divulguer pour le moment! Now is not the time ! D’ailleurs pour rassurer les gens on se voit pour notre résidence mensuelle le week-end prochain…

RBT : Bonne nouvelle ! Quels sont les projets de 65 Mines Street dans les mois qui viennent, après la release party ?

65 MINES STREET : Pour l’instant on essaie de booker des dates. On a eu des contacts récemment avec un tourneur pour la Belgique, on va commencer à bosser l’Allemagne et l’Europe de l’Est avec Rocking Steady, et pour le reste on attend. On est assez confiants sur la saison à venir qui nous permettra de défendre notre album sur scène. On bosse le set pour le moment, on réarrange les anciens morceaux, et on se prépare aux premières échéances sur avril et mai. Pour le moment il y a des dates en Vendée, en Champagne où on va pouvoir revoir nos copains de l’asso Zgala (j’en profite pour les embrasser), mais aussi en Belgique où c’est toujours du tonnerre avec Flying Platane. On va à Lille aussi, on kiffe le nord de la France qui nous le rend tellement bien…Bref c’est en train de se monter tranquillement. On est assez confiants à ce sujet-là.

RBT : Et ben ça s’annonce bien… Et pour finir, t’as une ou deux galettes qui tournent sur ta platine à conseiller à nos lecteurs ?

65 MINES STREET : En fait ça fait vraiment longtemps que la platine est sur off, et sincèrement ces temps-ci j’écoute peu de musique! Il me tarde juste de voir Buster Shuffle en live…Sinon je dirais que si je devais dégainer un skeud là de suite je resterais classique : « RAM » de McCartney, héhé…

RBT : Héhé why not ? Pas encore vu Buster Shuffle de mon côté, mais ça doit être grand. Ça c’est vraiment un groupe qui apporte de l’air frais dans la scène d’aujourd’hui…

65 MINES STREET : Et leur album est vraiment chouette, bien gaulé… Et puis cet accent, ça fait rêver tout zicos du coin qui voudraient sortir un album vraiment typé Madness. C’est du bon boulot et je like pour parler comme les djeuns.

RBT : Je like aussi à mort. Leurs disques sont vraiment impec… Et si t’as l’occase de jeter une oreille à Smooth Beans (l’excellence de la scène espagnole), ça vaut le détour !

 65 MINES STREET : Ok! Il y a tellement de groupes qui sortent des disques là-bas dans la scène early reggae/ska espagnole qu’il est dur de suivre toute l’actu. Mais je me note ça, je vais refaire chauffer la platine maintenant que notre skeud est parti en fabrication. J’ai l’esprit un peu plus libre! Merci pour le conseil en tous cas.

RBT : En tout cas merci à toi pour le temps que tu nous as accordé. Bonne release party, et longue vie à 65 Mines Street !

65 MINES STREET : Merci à toi ! Rude Boy Train c’est le spot inévitable je pense pour bon nombre de fans de cette scène bien riche et vivante. C’est cool d’avoir une place au milieu de toutes vos chroniques! Et c’est cool de voir que très souvent vous dépêchez des représentants sur nombre de dates françaises. C’est un plaisir, merci à vous de la part du crew !

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