Rude Boy Train

MADNESS – PARIS/LE TRIANON – 11 MARS 2013

11 mars 2013. C’est mon premier concert de MADNESS. Madness quoi ! LE groupe avec un grand G tu vois ! Arrivée à Barbes vers 19h30, on remonte le boulevard, on passe devant la triste façade de feue l’Elysée Montmartre, et nous voilà arrivés devant le Trianon, magnifique théâtre de la fin du 19e siècle. Deux balcons, moulures, parquet, lustre, bar à l’ancienne. Y a pas à dire, c’est un bien bel écrin pour accueillir Madness.

Sur scène, les Nantais de Yalta Club sont chargés de faire monter la température, et force est de constater qu’ils se démerdent comme des chefs avec leur mélange de pop, de rock et de folk avec du clavier et des cuivres dedans. Ça chante bien, ça joue bien, c’est pêchu, c’est fun, c’est frais, ça fait penser à des groupes comme I’m From Barcelona ou à une version joyeuse d’Arcade Fire. Belle entrée en matière. Sauf que nous, on est venus voir les Maddies.

La salle est blindée (environ 1 400 personnes), le concert est sold-out depuis plusieurs semaines, et quand la lumière s’éteint, on comprend que ça va balancer du lourd, du très lourd.

Voilà une section cuivre qui entre, sax baryton, trompette, trombone, et un petit chauve qui suit au sax ténor, ça grimpe sur l’estrade du clavier, ça se pose derrière les fûts, ça choppe sa guitare et ça attrape sa basse, et les deux vieux beaux du groupe, Suggs de Chas, se pointent avec leur monumentale classe british ! Putain, Don Draper à côté ressemble à Bernard Mabille… En tout cas, c’est appréciable de voir le groupe au grand complet, et de constater que même Mark Bedford est présent à la basse, alors qu’ils n’a pas participé à l’enregistrement du dernier album. Sauf que sauf que  sauf que, mon nom en iroquois c’est « oeil de lynx »,  et même à vingt mettre de la scène, je repère que la gars au sax n’est pas Lee Thompson. Quelques kilos en moins (et quelques années aussi) auront trahi le presque sosie.

Pas grave, on est là pour le fun, et on va être servi. Ça commence évidemment par une reprise de Prince Buster (hé oui), « One Step Beyond » évidemment, et je me demande si après plus de 35 ans de carrière le groupe n’en a pas un peu ras la casquette d’entamer tous ses concerts par le même morceau. En tout cas le public attend ça de pied ferme, et quand Chas commence à brailler dans le micro, le pit s’agite comme une femen dans une manif de Civitas. Et comme le groupe a le sens que la set-list qui tue, on va avoir droit à la totale: des hits, des hits, et encore des hits, surtout tiré des deux premiers albums (les plus ska),  avec aussi pas mal d’extraits du dernier opus, « Oui Oui si Si Ja Ja Da Da »! Ça continue avec la magnifique « Embarassement », et comme on était avec Prince Buster, ben autant y rester avec « The Prince », le titre-hommage (pas mon préféré), avant d’embrayer avec style sur « NW5 », le seul extrait de « The Liberty Of Norton Folgate » de la soirée.

Et puis ces quelques notes de clavier, seules pour accompagner les parole de Suggs : « My girl’s mad at me, I didn’t wanna see the film tonight, I found it hard to say, she thought I’d had enough of her, why can’t she see, she’s lovely to me, but I like to stay in and watch tv on my own, every now and then » . »My Girl » quoi, une de mes chansons préférées devant « Les Ricains » de Michel Sardou et « Papayou » de Carlos le chanteur. Grand moment de musique, suivi de la p’tite soeur, « My Girl 2 » forcément un cran en dessous, et une « Take It or Leave It » que je préfère définitivement en live plutôt qu’en studio. Excellente « The Sun and The Rain » ensuite, puis une petit coup de « Never Knew Your Name », entre au top et au dessus du top, sortie y a pas six mois mais déjà standard à mes yeux. Grand moment aussi avec « Shut Up », et le public de crier à l’unisson « one, two, three », et avec « Bed And Breakfast Man », où forcément j’ai failli claquer une corde vocale en gueulant « He he he he was, he was the bed and breakfast man« .

Et c’est vers là que Chris Foreman nous a pété une petite durite. Le groupe quitte la scène et le gratteux se retrouve tout seul face au public. Il sort deux/trois vannes, et la sono envoie « Fight For Your Right » des Beastie Boys (RIP Adam Yauch) que Foreman se met à chanter tout seul comme un con. Sauf qu’au refrain forcément, quand il dit « You gotta fight, for your right », y en a quelques dizaines pour sauter en hurlant « to paaaaaaaarty » !  Voilà, le mec s’est tapé son petit délire, on a bien rigolé, et il reprend sa guitare accompagné par ses potes pour une sympathique version de « Misery », l’un des bons ska du dernier opus, puis la très pop (et néanmoins superbe) « Leon », avant un enchaînement assez apocalyptique de « House Of Fun », « Baggy Trousers » et « Our House » – vous imaginez l’ambiance de folie dans le Trianon – suivis par « It Must Be Love » pour calmer un peu le jeu (rahhhhlala ces notes de clavier au début !). « It must be love, love love, pam pam…« . J’aime !

Les voilà qui se barrent en coulisses : C’est l’heure du rappel ! On aura droit à trois titres, c’est pas assez mais c’est déjà ça, avec leur « Gost Town » à eux, « Death Of A Rude Boy », qui supporte plutôt bien le passage à la scène, « Madness » empruntée à Prince Buster (décidément), et celle qui ne pouvait pas être oubliée, la gigantesque « Night Boat To Cairo » qui permet aux fans d’envoyer leur restant d’énergie dans la bataille.

C’est terminé, le groupe salue la foule, tout le monde a la banane, on vient d’assister à un grand moment de nutty sound ! Rendez-vous le 16 septembre sur le boulevard des Capucines. On y sera bordel, pour sûr qu’on y sera !

Vince

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